Essais cliniques et données françaises
La controverse qui entoure le baclofène est avant tout liée à l’hétérogénéité des résultats obtenus lors des essais cliniques. Deux études majeures réalisées en France, BACLAD et ALPADIR, ont cherché à déterminer l’efficacité du baclofène à des posologies intermédiaires (180 mg/jour en moyenne) pour réduire la consommation d’alcool.
- BACLAD (2017) : Réduction significative de la consommation d’alcool par rapport au placebo, avec 56,8% des patients atteignant un faible niveau de risque au bout de 6 mois (contre 36,5% dans le groupe placebo), mais avec une fréquence accrue des effets indésirables graves (Source : The Lancet, 2017).
- ALPADIR (2017) : Réduction du nombre de journées "à consommation excessive" mais différences modestes avec le placebo ; pas d’impact significatif sur l’abstinence totale.
Il apparaît donc que le baclofène n’est pas un remède miracle, mais qu’il peut être un outil utile dans la réduction de la consommation pour certains patients, lorsque l’accompagnement psychothérapeutique et le suivi médical sont bien assurés.
Effets indésirables et précautions
La balance bénéfices/risques du baclofène reste un sujet de vigilance. Parmi les effets secondaires les plus fréquemment rapportés :
- Somnolence, vertiges, troubles de la concentration
- Crises convulsives à doses élevées
- Risque de dépression et d’idées suicidaires
- Potentialisation des effets dépresseurs de l’alcool
Entre 2012 et 2017, on a recensé en France plus de 330 cas graves d’effets secondaires attribués à l’usage de baclofène hors AMM, dont une trentaine de décès, principalement lors d’automédication ou d’associations dangereuses (Source : ANSM, rapport 2018).
Pour cette raison, la prescription doit être personnalisée, progressive, et associée à un plan de surveillance strict.