Posté: 12 Avr 2013, 17:07
de joseph99
Merci Jean, HBB et Untel

Oui bel échange ;

Moi aussi, j'ai apprécié la qualité des échanges ci-dessus ; je dirai que l'un des inconvénients de la lecture sur écran est l'abominable gymnastique des retours en arrière pour lire, relire et réfléchir puis répondre ; bref, j'ai donc fait comme toi Untel, j'ai lu et pris au vol cette ambiance posée et respectueuse dans les échanges et ce que j'en dis, avec toutes les réserves que je viens de sous-entendre mais aussi, comme je l'ai déjà écrit, j'en dis donc que, nous autres, HBB, moi et ...autres accompagnant(e)s ne pouvons pas comprendre la totalité du point de vue développé par le malade et donc par Jean ; malgré tout le respect et tout l'amour que nous portons à notre conjoint ou notre enfant, devant cette maladie si particulière et si dévastatrice au sein de la famille entière ou au sein du couple, nous souffrons tellement que nous avons bien du mal à faire la distinction entre ce qui relève de la volonté vraie et de ce qui relève de la maladie en tant que telle.

Vos divergences n'en sont pas selon moi ; Jean exprime sa souffrance face à une solution médicamenteuse qui l'effraie plus qu'elle ne l'entraîne vers un désir de guérison et HBB exprime sa souffrance d'accompagnatrice qui, encore une fois, malgré tout le respect et l'amour portés à son fils, ou pour moi, à mon époux, ne pouvons pas comprendre l'expression d'un recul devant une possible guérison ; HBB a lutté auprès de son fils voire parfois contre son fils, et moi, mon mari pour les aider à aller vers une vie sans alcool. On est alors en présence de deux douleurs qui n'ont rien en commun si ce n'est cet ennemi commun qui réjouit puis détruit l'un et qui effraie et angoisse l'autre.

Je crois que même si l'on admet qu'un malade de la thyroïde, un diabétique doivent à vie se soigner, il est en effet difficile d'admettre de se soigner parce qu'un produit censé apporter quelque plaisir (ce qu'il apporte d'ailleurs à beaucoup) devient en fait un véritable poison pour certains.
Enfin, je voudrais dire à Jean que marié depuis 14 ans avec un malade alcoolique, j'ai vécu avec lui 8 années d'abstinence et une année de traitement au baclofène qui a abouti à une quasi guérison ; mais entre les deux périodes, il reste 5 années : 5 années d'enfer durant lesquelles, Jean, tu sais ce que cet enfer a été pour mon mari : une descente progressive vers la mort, avec 2 tentatives de suicide lors d' états d'alcoolisation hors zone, tout cela avant 50 ans, je passe les autres situations ; mais sais-tu ce qu'est cet enfer pour la conjointe ou la mère : la peur au ventre tous les soirs de perdre son mari, son enfant, des nuits sans sommeil, l'absence de dialogue, les soirées vides, les élans affectueux qui sentent l'alcool et n'aboutissent pas, la honte, le repli social , les conséquences professionnelles et financières .... et ce terrible sentiment d'être face à deux personnalités.
Alors, je comprends les divergences ; en ce qui me concerne et c'est ce qui m'a aidé à accompagner mon mari j'ai toujours cherché à faire preuve de la plus grande empathie à son égard et à trouver aussi chez moi ce qui pouvait m'aider à le comprendre (le truc tout bête : un achat compulsif ! Quels ressorts me conduisaient à cette action) il m'a semblé que quelques comparaisons de cet ordre n'étaient pas idiotes mais surtout il m'a placé en situation de faillibilité tout comme lui.
Alors, devenir le chantre du baclofène quand on a vu son fils ou son mari et bien des membres de ce forum s'en sortir n'a rien d'incongru ni indécent ; il ne faut pas faire l'amalgame avec les médecins, Beaurepaire et autres confrères, eux, ils ont une responsabilité de santé publique ; nous, nous sommes de simples témoins, et les malades de simples cobayes ; Jean, tu devrais écrire à ces médecins et t'indigner auprès d'eux, leur expliquer pourquoi tu as cessé le traitement ; je pense que la première réaction de HBB, est une réaction qui respecte ton choix mais elle est aussi une réaction de crainte que d'autres malades baissent les bras alors qu'ici, nous sommes nombreux à les accueillir et à les soutenir dans ce long voyage qu'est le traitement et nous sommes encouragés à poursuivre quand on lit les témoignages de réussite.
Je vous remercie tous les deux de la lecture de vos échanges ; ma contribution vise aussi à m'aider à y voir plus clair car je dois aussi avouer qu'au plus profond de moi, j'espère que mon mari et tous les malades sous baclofène ne vont pas se découvrir un mal pire que l'alcoolisme à cause du baclofène ; avec cette petite idée aussi qu'il convient de relativiser car nous sommes probablement entourés de produits à respirer, manger, se pommader, se soigner et j'en passe dont nous ne connaissons pas tout ce qu'ils nous réservent : Jean, ton ami est décédé d'un cancer, ni fumeur, ni buveur ; le 7 décembre 2012, ma mère est décédée d'un cancer du pancréas : elle ne buvait pas, ne fumait pas, mangeait sainement, achetait des produits sains, etc.... on pourrait en citer bien d'autres.
Encore une fois merci
Joséphine épouse de Joseph99