Posté: 11 Avr 2013, 23:11
de hbb
À la demande générale (;O) !), continuons à échanger, Jean :

Je parlerai plutôt de déséquilibre chimique. Le choix du terme "faiblesse" n'est pas anodin :-)
Le mot faiblesse n’est en rien un jugement de valeur. Un déséquilibre est une faiblesse, disons plutôt une vulnérabilité. La vôtre est la dépendance, la mienne est la thyroïde, pour d’autres ce sera le diabète, le cholestérol, une maladie cardiovasculaire.

Il est malheureusement probable que le malade ait besoin d'un petit peu de baclofène en dose d'entretien, à vie ou presque, comme moi, qui n'ai plus de thyroïde, j'ai besoin de Lévothyrox (tiens,fort difficile à doser...) ou comme les diabétiques ont besoin de leur insuline, les cardiaques d'autre chose.
C'est bien le problème que je soulève dans mon dernier post. On est au risque de se coltiner ces putains d'effets indésirables pour le restant de nos jours. Et c'est là toute la différence avec l'insuffisante thyroïdienne ou le diabète. Ce qui écorne l'agrément de vie dans ton cas, c'est l'insuffisance, pas le traitement. Quand celui-ci est bien dosé, cela t'apporte un bien-être. Imagine devoir prendre du Lévo alors qu'il t'empêche de respirer par le nez, notamment la nuit, et que ça détruit ton sommeil, et aussi celui de ton conjoint, par tes ronflements d'ogre -pour ne parler que de cet effet là.
Non, non, pas d’effet secondaire à vie. La guérison sous baclofène voit tous les ES disparaître, si le dosage est bon. C’est aussi « simple » que le lévothyrox: une dose de baclofène pour compenser le déséquilibre, pour rééquilibrer. Certains descendent à 10mg par jour et sont très bien ainsi. Une fois la dose seuil atteinte, l’indifférence installée et éprouvée, une baisse régulière de 1 cachet toutes les semaines amène doucement à cette fameuse dose confort qui permet de continuer à vivre en toute tranquillité, jusqu’à un seuil que chacun doit ressentir : celui de l’équilibre (tiens donc !) entre l’indifférence et l’appel de l’alcool, avec, comme le dit si bien Bocly, une loupiotte allumée : celle de la vigilance. Je lisais, voici quelques temps, le témoignage touchant d’une malade, éprouvée comme vous par des ES très importants qui, dans une réaction d’impatience, bien décidée à abandonner le traitement, a baissé rapidement et de façon conséquente sa dose, très importante, pour descendre à 50mg en très peu de jours et qui s’est sentie guérie, à sa grande surprise et sans aucun ES. Le gros problème, c’est que tout le monde tâtonne, chacun réagit de façon différente à la molécule, comme pour le lévothyrox, mais qu’on ne peut pas avoir le recours objectif aux analyses de sang pour surveiller le dosage du baclofène et que le recul des médecins est encore insuffisant.
Le lévothyrox est, lui aussi, fort difficile à doser pour certains, qui dégustent jusqu’à trouver le bon dosage. Et encore ! Ce sera toujours à surveiller. Cela varie en fonction de multiples critères. Quelques petits milligrammes peuvent entraîner des effets bien désagréables d’hyper ou hypothyroïdie. Il comble un manque, comme le baclofène. Mais on en connaît mieux les rouages. Oserais-je pousser la comparaison plus loin ? Sans thyroïde et sans Lévothyrox, on ne peut pas vivre. Sans baclofène et avec l’alcool, comment vit-on ?



Quand tu dis "un petit peu de Baclofène", ça veut dire quoi ? Est-ce par rapport à ce que la personne a pris au maximum, ou par rapport aux doses pour lequel ce médoc a été créé ? Comme je le disais dans mon dernier post, à 80mg, c'est à dire rien en regard des doses nécessaires aux alcooliques, je ressentais la totalité et la pleine nuisance des effets indésirables, et sans la moindre dose d'alcool. Ce médoc n'est pas anodin. Cet élément de langage qui nous vient d'Ameisen, et qui est repris sur le forum : "effets gênants peut-être mais pas dangereux pour la santé" est aussi un arbre planté pour cacher la forêt. Il n'y a certes pas de risques type Médiator. Est-ce une raison pour considérer qu'ils ne sont qu’anecdote (pour mémoire : mon sifflement d'oreille qui perdure 10 mois après la fin de mon traitement) ?
Le baclofène est loin d’être anodin. Il n’est pas toxique, il n’a jamais tué personne à ce jour. Par contre, je suis persuadée que vous étiez à une dose bien trop importante pour vous, d’où tous les effets secondaires que vous avez subis. Certains guérissent à 30mg. Quelle a été votre raisonnement pour augmenter jusqu’à 80mg ? Étiez-vous sobre par obligation (abstinence) ou avez-vous connu l’indifférence ?

Le psycho est d'une puissance considérable ; il suffit d'un tout petit grain de sable inconscient pour que l'action de la chimie sur le soma soit perturbé, surtout si le traitement n'est pas allé au bout du chemin, voire même si le but a été atteint. Nous sommes tous fragiles, les dépendants le sont plus encore. Est-ce que vous sauriez expliquer ce que vous apporte cette demi-bouteille de whisky ?
Je sais ce que ça me coûte :-) Cette question ne peut venir que d'une personne étrangère aux affres du manque, aussi proche puisse-tu être d'une personne alcoolique. Il y a une grande part d'incompréhensible, même quand on le ressent soi-même. Sinon, ce n'est pas la potion magique pour être un surhomme, plutôt, comme l'a dit Ameisen, pour cesser un instant d'être un sous-homme. Enfin, ça c'est au début. Après ce n'est plus que du manque.
La mésestime de soi. Boire la soulage un temps de moins en moins long et entraîne une mésestime encore plus forte. On boit pour tenter de retrouver cet état fugace que le souvenir embellit. Puis c'est la dépendance physique et le craving et peut-être toujours un peu la recherche de cet hypothétique bien-être, très trompeur. L'alcool est décidément un ennemi, un envahisseur, bien pervers et bien sournois.
Ma question sur le deuil de l’alcool n’est pas si révoltante que cela. Elle n’était qu’une question parmi d’autres, pour tenter de comprendre ce que vous avez vécu, vaincu puis subi. J’ai lu bien souvent des malades ayant atteint le seuil de l’indifférence, ayant même le dégoût de l’alcool, jusqu’à son odeur, mais qui ont bu à nouveau, pour voir, pour se tester, ou parce que la cause profonde de l’alcoolisation n’est pas réglée. Thanatos n’a toujours pas trouvé la paix. Pourtant, il est presque à l’indifférence.(baclofene/thanatos-t4595-195.html#p87892)
Vous n’êtes sans doute pas de ceux qui ont tant à reconstruire. C’est bien contre le craving que vous devez lutter. Le baclofène est la seule molécule qui parvient à le faire disparaître. Vous-même avez connu la paix par rapport à l’alcool, mais au prix de trop d’ES.
[color=#000000]6 mois d'abstinence sous baclofène. Vous arrêtez le traitement : quand buvez-vous à nouveau ?
[/color]
Après le premier arrêt, peut-être deux semaines après. Après le deuxième arrêt, plus de trois mois. La deuxième fois j'étais porté par ce sentiment de libération. Ca donne de l'élan...
Le baclofène avait donc fonctionné. Je persiste dans mon avis que vous étiez en surdose. Lisez ce qu’écrit Bocly aujourd’hui même : baclofene/bocly-t2148-1710.html#p87893

Vous aviez lu la notice du baclofène ; avez-vous lu celle du Valium, celle du Séroplex, celle de l'Alprazolam ?
Je ne prendrai ni l'un ni l'autre ni l'autre de ces médocs. (petit apparté : on a beaucoup dit que la prescription d’anxiolytiques et d'antidépresseurs était une spécialité hexagonale. Il est des cas où ils sont une nécessité, j'en conviens.
Ce que je voulais dire par là, c’est que ces sortes de remèdes sont bien plus inconfortables et dangereux que le baclofène. J’abonde dans ce que vous racontez au sujet des laboratoires pharmaceutiques.
Quant à la camisole des médicaments, j’abonde à nouveau, mais pas pour le baclofène. Comment pourrais-je aller dans votre sens en lisant ces deux sujets, aujourd'hui ?

baclofene/ambre-codeine-t4687-45.html#p87912
[i]et bien je n augmente pas le baclo ce soir, je suis un peu trop ZEN. Fatigue mais alors, j ai l impression d aimer ma vie. je ressors, suis même allé boire un caf avec mon meilleur ami ce matin dans un café ou je connais pas mal de monde (de par mon ancien travail commerçante) même lui m a dis : ouhaaa tu es changée...meilleur visage. Il est au courant évidemment. Bcp m ont dis comme ma pharmacienne ce matin, qu’elle était contente de me voir enfin avec le sourire et aussi avenante (pourtant je l ai tjrs été) avec n importe qui, patiente, pas d attaque de panique. Je la sent venir, mais paf stoppée directe. je revis!!!!!!!!!!! j aime ma vie!!!!!!!!!!!!! j augmente le baclo dimanche et la codéine... craving hallucinant est reporté et bcp bcp moins fort. j ai l impression d en prendre par" connerie" comme j ai dis au médecin prescripteur. je me prends pas la tête je vais baisser sen prise de tête. les beaux jours arrivent et ça va le faire. l autre jour, j ai pris deux cod comme je faisais tt le temps, j ai cru en avoir avaler 6 d un coup. j ai eu très peur. chouter mais même pire. du coup je flip à chaque prise. tant mieux!!!!!!! et PUNAISE J AIME MA VIE!!!!!!!!! heureuse et je n’ai qu’une envie, voir du monde voir du monde et sortir enfin.
AMBRE
[/i]

baclofene/clement-t4659-75.html#p87898
Salut Dan,
Comment vas-tu à.Bordeaux? Ici, hier, journée de rêve.
J'ai consulté, Mardi, mon prescripteur:
Bascule: 4,7 kg perdus en quinze jours.
On ne parle plus de Baclofène: toujours 3mg/jour. Et alors magnifique: j'ai pensé que si, un jour, un octopode se saisissait de mon bateau et sentant mes dernières minutes à vivre très proches pas une seule pensée de boire un bon coup de Rhum avant d'être happé par ce monstre des profondeurs.
Après consultation chez mon Cardiologue. Le taux d'expulsion du ventricule gauche est passé de 30 à 45%. Donc le médecin me conseille de bien prendre mes médicaments. (j'ai arrêté les diurétiques depuis un mois... Sans lui dire) Rendez-vous dans trois mois.
Lundi j'avais demandé à Miss Change si je pouvais réduire de 0,20 à 0,30mg la dose de Baclofène. Réponse: non ne bouge pas attends la fin de l'été. Déjà, au tout début, elle m'avait conseillé 0,15mg/jour... J'ai pensé que je n'étais pas une pin-up de 45 kg mais un mec de 90kg... Un gros con ouais: je suis resté sur le dos durant dix jours. Alors elle maîtrise notre "pin-up" et maintenant je demande ses conseils ET JE LES APPLIQUE À LA LETTRE.
Je lui ai envoyé il message lundi à 21 heures. Sa réponse mardi à 7 heures du matin...
Elle ne va pas être contente du terme"pin-up". Traduction: photographie d'une jolie fille épinglée au mur. Si j'osais je lui demanderais sa photo. Mais ne rêvons pas trop.
Je recommence à travailler dur: j'ai transporté des centaines de kg de bois, outils, etc dans le nouvel atelier que j'ai loué à 300 mètres de l'anneau du bateau. Aujourd'hui je vide ce dernier: incroyable le bazar. Une camionnette de voiles + tout le reste: banquettes, couchettes, tous les appareils (safran, trimer, etc.).
Juste le mât (18 mètres), la Baume et le bateau restent au Chantier Naval.
Donc je suis "cassé" le soir mais les forcent reviennent peu à peu.
Tu vois, un peu plus d'un mois, je ne pouvais rien rien faire et maintenant tout repart.
Donc merci au forum Aubes, merci Baclofène et merci à tous et à toutes.
Donc, mon cher Dan, voici ce qui te pend au nez: retour à la Vie normale.
Mes enfants sont fiers de me voir me battre avec tant de pugnacité contre l'alcool..
Ma fille vient cinq jours sur sept travailler sur le bateau (et faire du windsurfing) Leucate (avec l'étang de Salses) est la Mecque de la planche à voile Européenne. Fin Août elle file à Nanterre pour une école de prépa pour présenter son agrégation de philosophie. J'ai de la chance: trois enfants débrouillards. Leur Mère nous manque tu sais...
Bon Dan la patience est la vertu des forts... J'ai de la chance avec les effets rapides du baclofène. Ça va être long avec le problème cardiaque. Mais sortons l'épée du Foureau! Battons nous!
À bientôt Dan.
Donne-moi de bonnes nouvelles.
Clément


À bientôt pour la suite, Jean !
hbb