Posté: 08 Avr 2013, 19:55
de Jean
J'en pense que vous devriez relire ce que j'ai écrit. Je dis ça sans aucune méchanceté. A l'occasion, relisez aussi la notice du Baclofène et ses avertissements.

Vous comprendrez alors que je n'en veux pas au baclofène mais à ses communiquants. Qu'il faut arrêter de sanctifier ce produit et être franc sur tous ses aspects. Ca éviterait peut-être aux addictologues prescripteurs de considérer qu'un alcoolique qui arrête son traitement en arguant de la difficulté qu'il rencontre avec les effets secondaires, ne soit qu'un "malade pas prêt à renoncer à l'alcool". Voilà qui pourrait peut-être rendre service à ces 15 à 20 % que vous évoquez (faisons confiance aux chiffres et à ceux qui nous les fournissent). Pour le moins, ça leur éviterait une éventuelle salve de culpabilisation*.

Cher monsieur hbb, vous évoquez la guérison de votre fils. Voulez-vous dire par là qu'il n'est plus alcoolique et qu'il ne prend plus de Baclofène ?
Ni vous ni moi ne cherchons à faire une généralité d'un cas. Mais savez-vous quelle était l'utilité du Baclo avant qu'on utilise un de ses effets secondaires pour aider au sevrage alcoolique (je vous aide : c'est un antispastique qui cible un muscle bien particulier) ? Je crois qu'une grande majorité de ceux qui sont ou ont été sous ce traitement pourront vous dire que dans son utilité première, il est redoutablement efficace.

Et puisque vous parlez de vivre, qui serait plus difficile que de mourir, alors je vous réponds oui : quand j'étais sous Baclo, vivre m'a été très, très difficile. A tel point que quelques semaines après avoir décidé d'arrêter, et le temps que la molécule quitte mes fibres les plus intimes, j'ai eu physiquement le sentiment d'une libération, et psychiquement la sensation d'un rayon de lumière qui m'atteignait enfin.

*Ce n'est peut-être que pure conjecture de ma part, mais en entendant Beaurepaire hier matin, je me suis dit qu'il ne devait pas faire bon être trop sensible à ses fameux effets secondaires, comme je le fus moi-même. Devant une telle assurance, à la limite du péremptoire, en parlant de guérison par le Baclo, le pauvre malade qui n'en peut plus de subir les effets de cette molécule ne doit pas très à l'aise dans ses pompes. Puisque la molécule est à ce point efficace, l'échec ne peut-être imputable qu'au malade lui-même. Qui finit par déserter son centre d'addicto... Faussant ainsi les belles statistiques.
Peut-être le savez-vous, cher monsieur hbb, mais on a fait subir aux alcooliques les pires avanies et on leur a porté les plus sombres accusations. Il ne faudrait pas qu'au prétexte qu'on n'est pas follement enthousiaste vis-à-vis du Baclofène, certaines d'entre elles ressortent du placard.

Il ne faudrait pas non plus que la force de la honte et de la culpabilité qui habitent la grande majorité des alcooliques leur fasse accepter comme un cilice les effets secondaires d'une molécule. Je ne pense pas que du bien des labos, loin s'en faut. Mais si l'un d'entre eux planche sur un médicament plus facile à vivre que le Baclo, je suis prêt à le payer beaucoup plus cher que celui-ci. Et quand ce médoc existera, on oubliera le Baclo, vous pouvez me croire.