Posté: 18 Juin 2013, 10:39
de changethescript
Coucou urgence 44,

Sa volonté de comprendre et suivre ce traitement est un signe fort. C'est le premier pas qu'elle fait.

Quand elle aura avancé dans ce cheminement, qu'elle aura compris que le baclofène va la sortir de sa dépendance contre laquelle elle ne peut rien, et dont elle n'est pas responsable, quand elle sera déterminée à foncer pour s'en sortir avec le baclofène, et qu'elle ne sera pas seule tout au long de son parcours, faites signe : je vous donnerai les coordonnées d'un médecin prescripteur.

Si elle était diabétique, se sentirait elle honteuse et responsable ? Je rajouterai que les alcooliques sont tout sauf des merdes sans volonté. Se dire tous les jours "aujourd'hui je ne boirais pas" lutter contre le craving, ne jamais arriver à le vaincre, se culpabiliser, et se redire la même chose tous les matins que le bon Dieu fait sans jamais y parvenir, ben il en faut de la volonté.
Si elle cherche à comprendre comment le baclofène fonctionne et pourquoi il marche je vais te résumer l'affaire rapidos.
Tous les produits qui peuvent déclencher une dépendance chez l’homme ont en commun une propriété : ils augmentent la quantité de dopamine disponible dans une zone du cerveau, le circuit de récompense.

Une substance psychoactive dont la structure moléculaire ressemble à celle d’une substance produite naturellement par l’organisme, peut se fixer à la place de celle-ci sur des récepteurs spécifiques et ainsi mimer son action déstressante.

« Chez tout individu, le gaba est un neurotransmetteur essentiel au métabolisme cérébral. Abondamment présent dans le cerveau, il se fixe principalement sur deux types de sites, gaba A et gaba B, et permet le passage de l’information nerveuse entre deux neurones connectés par une synapse.
On sait qu’un dysfonctionnement du système du gaba est à l’origine de troubles du système nerveux.

Lorsqu’un individu boit de l’alcool , cette substance prend la place du gaba sur les sites gaba A, mimant son action déstressante.
Il en résulte une perturbation de la sensibilité de la membrane du neurone par une modification du flux d’ions chlore qui la traverse.
Lorsque la prise d’alcool est chronique, la désensibilisation des récepteurs a des effets excitateurs et délétères pour le comportement (tremblements, désorganisation du sommeil, delirium tremens…) Lorsqu’un individu prend du baclofène, cette molécule a une action unique, que l’on ne retrouve dans aucun autre médicament: elle est la seule capable de mimer l’action du neurotransmetteur gaba sur les sites gaba B, à la fois en amont et en aval de la synapse.
Ce faisant, le baclofène modifie la circulation des ions calcium et potassium entre neurones. Pour l’instant, on ignore toujours en quoi cette modification peut rétablir la perturbation synaptique induite par la consommation d’alcool ou des stupéfiants. »
Hervé Ratel


Ainsi, le baclofène est la seule molécule connue à ce jour, qui supprime totalement le craving, et rend indifférent à l’alcool.
C'est à dire que la vision d'une bouteille ne déclenche plus d'envie irrésistible, les pensées ne sont plus obnubilées par l'approvisionnement et la consommation, et si d'aventure on boit si on n'a pas choisi l'abstinence : il n'y a plus de compulsion. Si j'avais une définition à donner de l'indifférence ce serait celle là.
On m'avait dit en cure que le cerveau avait de la mémoire et que c'était la raison pour laquelle je ne devais plus boire une seule goutte, parce qu'immédiatement il réclamerait sa dose, même si c'était après 10 ans d'abstinence totale. Et c'est la vérité.

Je ne résiste pas, surtout pour les nouveaux à la mise en ligne une fois de plus, de la vidéo étonnante d'imagerie cérébrale montrant l'action du baclofène sur le craving .
Vidéo présentée lors du colloque organisé par l’association AUBES le 26/06/2010, cette vidéo montre l’action du baclofène sur la dépendance à la cocaïne, et fut commentée en ces termes par Renaud de Beaurepaire :

« Elle provient d’une équipe d’américains menée par Anna Rose Childress, qui est addictologue.
Cette image provient de cerveau de cocaïnomanes sevrés et à qui on montre un indice de prise de cocaïne, par exemple une ligne blanche, ou quelque chose qui rappelle la drogue et qui déclenche chez eux l’envie d’en reprendre.
C’est une chose très connue, c’est un modèle utilisé universellement par l’imagerie cérébrale, c’est très intéressant d’ailleurs.
Quand on montre à quelqu’un qui a été sevré en cocaïne un indice qui lui donne envie d’en prendre, on voit s’allumer son cerveau : toutes sortes de structures impliquées dans la dépendance aux drogues et qui s’appellent l’amygdale, l’insula, le striatum, deviennent hyperactives quand la personne a envie, quand elle a du craving.

L’image allumée de gauche est l’image du craving d’un cerveau qui a envie de drogue.
A droite, les patients ont été traités par baclofène : rien ne s’allume.

Voilà donc une démonstration par l’imagerie cérébrale de l’efficacité du baclofène. »





Bises et bonne journée.
Change