Posté: 16 Juin 2012, 11:42
de étoile filante
Bonjour fab2003,

Comme toi, j'ai touché le fond, j'ai connu l'enfer de l'alcool. Peu importe les raisons pour lesquelles on est tombé dedans : mal-être, souffrances, accidents de la vie, convivialité, etc !...

On n'est pas très fier des états dans lesquels nous a plongé l'alcool. C'est du passé, l'avenir est devant nous maintenant, avec ou sans alcool, c'est un choix personnel.

Comme toi, trop heureuse de m'en être sortie, je ne désire pas retoucher à l'alcool. Non seulement, je n'en ai pas envie, mais je le hais.

Aujourd'hui, je n'ai plus besoin de lui pour me donner du courage, pour fêter la nouvelle année (même si c'est le jour de mon anniversaire).

Je croyais que l'alcool m'aidait à supporter les coups durs de la vie et mon manque de confiance en moi. Au contraire, il m'a enfoncé. Au lieu de me donner un coup de pouce, il m'a donné des tendances suicidaires. Mais n'est-ce pas déjà une manière de vouloir mourir que de se saoûler, on se détruit !...

Maintenant, sans alcool depuis bientôt deux mois, j'ai oublié, ou j'arrive à oublier plus facilement tout ce qui n'aurait jamais dû se produire, ça n'a plus autant d'importance.

L'important est d'être guérie, de rattrapper tout ce temps perdu à cause de l'alcool. Je me suis retrouvée. De toute façon, je n'aimais pas la personne que j'étais devenue.

J'ai changé comme toi. Je ne suis plus la même. Toute expérience même mauvaise nous fait acquérir quelque chose. Je suis bien, plus proche des autres, moins stressée.

Le regard attendri de mon mari me conforte dans mon choix de ne plus boire. Il m'a aidée à m'en sortir en faisant le traitement en même temps que moi, en ne buvant plus, et c'est inestimable. A ce jour, nous ne buvons toujours pas tous les deux.

Je confirme que le mélange alcool/baclo n'est pas bon, pour avoir testé les deux méthodes. En buvant, malade comme un chien. En ne buvant pas, guérison rapide et avec moins d'effets secondaires.

Pour répondre à ta question, je ne prends plus de baclofène depuis bientôt deux mois. Je n'ai pas replongé, et toujours aucune envie de boire, même si on boit à côté de moi. Par contre, prudence, on n'est pas tous égaux. Alors si pour certains, il faut garder à vie trois moitiés de comprimés ou 1/4 de comprimé (je ne sais pas, il faut voir avec Change), il vaut mieux ça que replonger !...

Maintenant, j'aimerais te féliciter Clara, ton parcours me touche beaucoup. Je comprends que tu haïsses l'alcool, vu les souffrances que tu as dû endurer pour guérir. Oui, on a beaucoup de chance d'avoir le baclofène, peu importe ses effets secondaires. C'est beau le progrés, tant de personnes pourraient être encore parmi nous si ce traitement avait été découvert plus tôt. Et toi, tu n'aurais pas souffert le martyre.

Je voudrais aussi répondre à Lyana :

C'est très juste ce que tu dis. Si l'alcool a fait tant de mal, pourquoi continuer à boire, même un petit verre. Pour replonger quand le baclo ne sera plus là ?

Autre point que je tiens à souligner. Il n'y a pas qu'un gros problème de société avec l'alcool, même de mentalité au sein de la famille, des amis. Ils croient qu'on est malade parce qu'on ne boit pas, ou sont gênés de boire en notre présence.

Excusez-moi d'avoir été si longue, mais les conversations de fab2003, Clara et Lyana m'ont interpellées et je voulais vous donner mon opinion, à travers mon vécu.

Je vous souhaite une bonne journée à tous.

Etoile filante