Communiqué de presse de l'association AUBES

Communiqués de l'Association AUBES

Communiqué de presse de l'association AUBES

Messagede julien » 19 Déc 2011, 22:03

Le traitement contre l’alcoolisme existe

L’alcoolisme est une vraie maladie et non un vice.
Aujourd’hui elle se soigne avec succès, grâce à un traitement : le baclofène (parfois administré à hautes doses pour cela.)
Les malades doivent le savoir et, comme les sidéens dans les années 80, doivent exiger que leur maladie encore considérée comme « honteuse » dans l’esprit populaire, soit prise en charge avec la même humanité et le même souci d’efficacité auxquels ont droit tous les autres malades atteints de maladies graves et mortelles.

Notre association AUBES (Association des Utilisateurs du BaclofènE et Sympathisants) est leur porte-parole depuis janvier 2010.

A l’heure où nous écrivons, d’énormes moyens sont déployés pour lutter contre les désastres de l’alcool au volant. Nous rêvons que les mêmes moyens soient engagés dans la lutte directe contre l’alcoolisme. Le traitement de l’alcoolo-dépendance par le baclofène à haute dose trouve enfin l’écho médiatique qu’il mérite, grâce aux essais réclamés depuis bientôt 7 ans. Ces essais devraient débuter en 2012 (1) : nous voudrions rappeler à tous de quoi il s’agit et l’urgence à propager l’information.
Olivier Ameisen et le baclofène

En 2000, Olivier Ameisen, cardiologue émérite et alcoolique lui-même, découvre qu’un vieux médicament prescrit depuis une quarantaine d’année, le baclofène, un myorelaxant destiné à traiter les contractures dans la sclérose en plaque notamment, a des propriétés exceptionnelles pour supprimer les addictions lorsqu’il est administré à haute dose. Il a été testé avec succès en ce sens sur des rats de laboratoire.

Il recherche et synthétise toutes les études déjà réalisées autour de ce traitement et décide de se l’auto-administrer. C’est une ultime tentative pour se sortir de son alcoolisme. Il a tenté toutes les thérapies existantes et rechuté à chaque fois. En quelques mois, il obtient sur lui-même ce qui était démontré avec les rats : il est devenu indifférent à l’alcool. Il n’en a plus ni besoin, ni envie. Il publie des articles dans de grandes revues scientifiques (2) pensant que le monde de l’addictologie va le soutenir. Il réclame immédiatement des essais sur les humains pour étayer sa découverte. Peine perdue, ce vieux médicament, tombé dans le domaine public n’intéresse pas les laboratoires et rend même parfois suspicieux le monde de l’addictologie. Certains craignant, à tort, d’avoir là un concurrent trop performant, mettant en péril leur raison d’exister.

Devant cet immobilisme, Olivier Ameisen décide d’écrire un livre « Le dernier verre » publié en 2008 (ed Denoël) pour informer le grand public de l’efficacité révolutionnaire de sa découverte .

Dès sa parution, le livre se vend à 40 000 exemplaires, suscite un espoir fabuleux pour un grand nombre de malades. Certains se regroupent immédiatement sur internet, créent leurs forums d’entraide. Ils diffusent ainsi l’information pour permettre à chacun d’obtenir une prescription.
Nous rappelons qu’aux USA, en Suisse, en Hollande et en Allemagne, Olivier Ameisen est régulièrement invité à donner des cours et des conférences en faculté, pour y exposer sa découverte et son protocole.
En France, il a fallu que deux colloques soient organisés par une toute jeune association (la nôtre) pour qu’il puisse prendre la parole en public et exposer sa découverte. Pas une seule université française, pas un seul chef de service et pas un seul organisme lié à l’addiction et l’alcoolisme n’a daigné consulter le découvreur de cette thérapie…
L’Association AUBES

Une association de malades et de médecin, AUBES, voit le jour en janvier 2010 et s’implique fortement pour faire reconnaître le traitement.

Il s’agit de convaincre les médecins de tenter l’aventure. Cela s’avère très difficile, un vrai parcours du combattant (3) : le baclofène à haute dose pour cette pathologie ne peut être prescrit qu’ hors Autorisation de Mise sur le Marché, (AMM). Cela rend frileux bon nombre de praticiens quand ils ne sont pas juste sceptiques à priori : un médicament pour traiter l’alcoolisme, ça se saurait ! Encore un produit miracle qui ira aux oubliettes une fois l’engouement médiatique passé, soyons sérieux !

Mais la mobilisation acharnée de ces malades permet à des centaines d’autres d’obtenir le traitement et de témoigner du succès de la thérapie. De l’autre côté, quelques médecins engagés et convaincus, Olivier Ameisen en tête bien-entendu, publient des études sur des dizaines de patients traités au baclofène. (4). La presse en parle régulièrement mais les fameux essais qui permettraient enfin la reconnaissance officiel du traitement ne sont toujours pas mis en place.

C’est du mouvement conjoint de ces malades et de ces quelques médecins révoltés devant cet immobilisme intolérable, que notre association, AUBES (Association des Utilisateurs du BaclofènE et Sympathisants) est née en janvier 2010.
Créée à l’initiative de Bernard Joussaume, médecin généraliste, prescripteur de la première heure et de plusieurs malades, administrateurs et animateurs du plus important forum sur le sujet, elle est aujourd’hui forte de 300 adhérents. Elle rassemble patients et médecins, dont les prescripteurs les plus connus, auteurs des études sur l’efficacité de la molécule (cités en note 4). Le forum est visité 3000 fois par jours depuis sa création.

Nous rappelons que ces études établissent un taux de réussite d’en moyenne 80% : environ 50% des malades cessent toute consommation sans souffrance de manque, et environ 30% reviennent à une consommation modérée correspondant aux normes établies par l’OMS (5). Le taux d’échec de l’ordre de 20% pourrait être amélioré par la pratique et son observation.
Pour rappel, les autres traitements conventionnels pratiqués jusqu’ici, sur la base d’un sevrage total et du maintient d’une abstinence douloureuse et souvent intenable, ont un taux de rechute, à court et moyen terme, de l’ordre de 90%.

Nous insistons aussi sur le fait que :
• La non toxicité de ce médicament, déjà prescrit à hautes doses par des neurologues dans d’autres pathologies a déjà largement été démontrée depuis 40 ans.
• Contrairement aux benzodiazépines abondamment prescrits (et hors AMM!) pour les sevrages, le baclofène ne crée pas de dépendance.
• Les effets secondaires, si ils sont parfois gênants, sont tous bénins et disparaissent rapidement.
La mobilisation générale

AUBES appelle aujourd’hui malades et médecins à la mobilisation générale pour étendre la prescription à tous les alcoolo-dépendants qui souhaitent en bénéficier.

Nous incitons donc les malades à demander ce traitement à leur médecin.
L’alcoolisme est une maladie mortelle qui cause 120 décès directs et indirects par jour en France.
Les alcooliques ne sont pas coupables d’en être atteints, ils ont le droit de bénéficier dès aujourd’hui du seul traitement efficace pour lutter contre leur maladie et ses conséquences sociales, professionnelles, familiales dramatiques.

Nous demandons aux médecins de rejoindre leurs confrères prescripteurs (dont le nombre serait de plusieurs milliers, selon l’Afssaps, en regard du nombre exponentiel de boîtes vendues depuis 2008, date de la parution du « dernier verre ») et d’accorder ce traitement salvateur à leurs patients alcooliques, à titre compassionnel, sans attendre le résultat des essais, ni l’AMM.

Pour cela nous encourageons malades et médecins à rejoindre notre association pour soutenir son action, pour obtenir des informations, des conseils et des orientations en s’inscrivant sur notre forum internet : http://www.baclofene.fr

Ce forum consacré, au départ, aux malades, a ouvert début septembre, un espace de discussions et d’informations, réservés aux membres du corps médical.

Aubes va prochainement devenir un réseau national avec un collège de médecins qui parcourront la France afin de former leurs confrères à la prescription, enfin nous sommes d’ores et déjà partenaires officiels des essai menés par Philippe Jaury.

Rejoignez-nous : notre nombre fera notre force pour la reconnaissance officielle de ce traitement qui peut sauver des milliers de vie chaque année. Nous avons crée dans ce but un dossier d’information disponible à la demande, des médecins de AUBES répondent sur les forums aux questions de leurs confrères et des malades.

Docteur Bernard Joussaume, président de AUBES

NOTES :

1) Traitement de l’alcoolisme : essai thérapeutique randomisé en double insu pendant un an en milieu ambulatoire du baclofène à haute dose versus placebo » – déposé par la Faculté de Médecine René Descartes – Responsable du projet P. Jaury- Projet validé par les Programmes Hospitaliers de Recherches Cliniques.
2) Depuis 2004, il a publié de très nombreux articles et études dans les revues Alcohol and Alcoholisme, Jama, Lancet, Annales Médico- psychologiques etc.
3) En 2008, seule une petite dizaine de prescripteurs étaient connus sur toute la France, les malades parcouraient parfois des centaines de kms pour avoir une ordonnance, achetaient la molécule en Espagne où elle est en vente libre où se fournissaient sur internet. Aujourd’hui, si un certain nombre de médecins acceptent de le prescrire, ils sont en général informés de son existence par leurs patients…
4) Ameisen O, de Beaurepaire R. Suppression de la dépendance à l’alcool par le baclofène à haute dose: un essai en ouvert. Annales médico-psychologiques 2010;168:159-161. Alcool et baclofène : Etude de 132 personnes suivies pendant un an en ambulatoire (sur Paris,étude menée par Philippe Jaury) – Dr Constance Alexandre Dubroeucq
5) 2 verres par jour pour les femmes, trois pour les hommes
6) Des cas de personnes tentant de se suicider en prenant des doses de l’ordre de 2500 mg, soit 250 comprimés de 10 mg, ont connu un coma passager, sans aucunes séquelles.
julien
 

Retourner vers Communiqués

 


  • Articles en relation
    Réponses
    Vus
    Dernier message

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

x