Livre d'or

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Messagede julien » 07 Mai 2010, 11:32

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julien
 

Messagede julien » 07 Mai 2010, 11:42

Post de Mouche toi le 20 Avril 2010 à 21:55:


Je découvre tous les jours, au hasard des lectures, des fils qui m'intéressent...

Ah...ce livre!
A partir du moment où l'on m'a annoncé son existence je l'ai cherché avec une frénésie...digne de la quête du Graal!
Il n'y a qu'un livre pour me mettre dans cet état!
Première librairie:" on ne l'a plus mais on peut le commander...7 jours"..TROP LONG!
Deuxième: "une commande de dix livres est en cours vous êtes inscrite? -heu non - alors sept jours... toujours trop long.
Conclusion: c'était le Graal est je n'étais pas la seule sur le coup!
Attente insupportable, soluce de secours: maman! (j'étais hospitalisée dans une petite ville et sans moyen de transport)
Maman me propose amazone ou une librairie de Nancy mais il n'en reste qu'un, il faut se dépécher. IL est pour moi!
Course pour prendre le train, course pour arriver à la librairie et bingo! je pose la main dessus, je l'ai, il est à moi!
Je le garde, le regarde et en rentrant je le met bien au chaud...
Je ne sais plus qui disait que "dans l'amour le meilleur moment c'est quand on monte l'escalier",alors, avec ce livre, je fais durer le plaisir
J'ai fini celui que j'avais en cours et j'ai enfin (hélas) commencer...
Chaque phrase était juste, elle faisait mouche. C'était bouleversant de sincérité et je suis tombée sous le charme. La gloire, la déchéance, la famille soudée, la famille déchirée...et sa volonté perpétuelle de s'en sortir. Oui, LA VOLONTE! Cette volonté là... celle qu'on nous reproche parfois de ne pas avoir...celle là même dont vous témoignez tous les jours sur le forum où ailleurs...pour s'en sortir.
Et puis cette petite lumière au bout du tunnel, une luciole. Le baclofène.
Quand je pense que si cet homme d'exception n'avait pas lu cet article (à ce propos merci à sa compagne de l'époque...Y a toujours une femme!) on ne serait pas là à se soutenir et à guérir doucement mais surement... Brrrrr ça fait froid dans le dos!
Et la phase d'expérimentation entre en scène, sans fioritures, nue et rassurante dans sa rigueur scientifique.
Il n'y a pas de miracle dans ce livre, pas de magie blanche ou noire, seulement des faits. Un hasard, une observation, une expérimentation...une découverte! Toute l'histoire de la médecine et de la science en générale est peuplée de cet ordre implacable.
La théorie des récepteurs GABAb mériterait plus d'attention et d'investissement de la part de nos têtes (bien?) pensantes. Aujourd'hui je regrette d'avoir délaissé la recherche pour un métier plus lucratif. Au delà de nos problème d'alcool c'est l'univers des addictions qui est en jeu, ce forum le prouve: alcool mais aussi tabac, drogue, boulimie.
Alors:
CHAPEAU BAS PROFESSEUR AMEISEN!!!


Humilité, Humanité et Génie sont donc compatibles: la preuve dans "le dernier verre" du Dr Olivier Ameisen
julien
 

Messagede julien » 07 Mai 2010, 11:44

Post de Mouche toi le 30 Avril 2010 à 17:17:


DIX MINUTES POUR CONVAINCRE... ouais c'est pas gagné

Impossible de faire une liste exhaustive de tous les arguments, le premier étant "je veux m'en sortir".

J'ai donc essayé de me mettre en situation (une sorte de jeu de rôles) et de vous donner un exemple, avec mes mots, de ce que l'on peut dire à son médecin.

Situation idéale pour commencer; c'est votre médecin

DEBUT: "On se connait depuis longtemps, vous connaissez mon parcours. J'ai tout essayé et ça ne marche pas. Je vais droit dans le mur. (rajoutez-en il faut quasi lui faire peur si ce n'est pas encore le cas!)
Je me suis renseigné(e) autour de moi et j'ai lu qqs articles concernant cette vieille molécule...euh... le baclofène. Il paraît qu'elle est utilisée depuis 1972. (vous le rassurez sur deux points:1. vous continuez à vouloir vous en sortir 2. vous ne demandez pas la lune).
Ces effets myorelaxants sont bien connus et il est probable (attention il faut rester prudent à ses yeux) qu'il soit efficace dans certaines addictions aux produits comme la cocaïne, l'alcool, le tabac...

C'est un cardiologue, le Pr Ameisen qui a exposé sa découverte dans un livre (inutile de détailler, il y viendra peut-être et on a que 10min!).
Aujourd'hui il est expert en addictologie (question de crédibilité).

En ce moment ça bouge beaucoup, il y a de plus en plus de prescripteurs (vous ne serez pas seul docteur!) même aux Etats-Unis (plutôt réputés pour leur frilosité vis à vis des médicaments).

Ce vieux médicament est sans danger mais comme il est génériqué personne n'en parle.(et toc!)


J'ai demandé aux personnes qui sont suivies par un médecin de me conseiller (1. vous n'êtes pas le seul 2.je suis là pour faire des recherches), voilà ce qu'elles m'ont dit:

1.je fais une analyse de sang pour voir où j'en suis (rajoutez-en...Je suis trèèèès inquiet(e)!)

2.j'essaye pendant un mois aux doses habituelles (avec un peu de chance il est sur son Vidal et peut confirmer ce que vous allez lui dire, sinon suggerez de vérifier avec lui!): je commence à 10mg à chaque repas , j'attends 5 jours et j'augmente de 10mg sur un repas puis 5 jours et j'augmente à nouveau de 10mg (n'hésitez pas à faire un tableau à la main avec les dates, vous montrez que vous êtes organisé et donc décidé)

3.je reviens vous voir dans un mois avec une nouvelle analyse de sang et on fait le point." FIN


Si tout se passe bien vous repartez avec 2 analyses de sang (rassurantes pour votre médecin aussi), une prescription de baclofène (ça ne fait que 7 boîtes!). Vous avez déjà apporté un bon nombre d'arguments...et éliminé pas mal d'objections.

Ne parlez pas de la polémique...au pire il n'était pas au courant et ça va lui mettre la puce à l'oreille...au mieux il va l'évoquer et vous pouvez jouer les candides en demandant...pourquoi? et là vous pourrez sortir vos arguments.

N'évoquez pas l'AMM, si c'est lui qui vous en parle demandez-lui si ça ne se fait pas pour d'autres médicaments? Encore une fois jouez les candides "il me semble bien que pour les femmes enceintes c'est fréquent? les doses que je demande ne sortent pas du cadre,non? et dans l'intérêt du patient ça se fait, non?"

Le principe de base c'est de répondre à une objection exprimée en apportant une preuve,exemple:
LUI:-Il n'y a pas d'étude!
VOUS:-Si, "le premier essai au monde du baclofène à haute dose": 88% de réussite
Si cela suffit ARRETEZ-VOUS, sinon poursuivez:
VOUS:-l'étude sur des patients cirrhotiques en Italie (Addolorato et coll.) paru dans le LANCET (revue prestigieuse)
preuves suivantes: les études en cours...etc

Dès que vous sentez qu'il est d'accord, arretez, trop en faire c'est risquer de lui souffler des objections auxquelles il n'aurait peut-être pas pensé! (C'est donner le bâton pour se faire battre).

S' il s'agit d'une autre objection, il faut d'abord vous assurez qu'il est d'accord avec ce que vous venez de dire(ex: vous êtes bien d'accord que ces études sont prometteuses? alors parlons de...).

Cela peut paraître fastidieux mais c'est efficace.

Si vous n'avez pas tous les arguments ou toutes les "preuves" n'hésitez pas à prendre un autre rdv pour lui apporter.
Attention une objection peut en cacher une autre (mauvaise foi, pression...) si vous y arrivez, faites le lui remarquez et tentez, pourquoi pas le " vous en avez pas marre des rechutes de vos patients alcooliques?"

Le Dr Kiritzé-Topor (vice président de la Société française d'alcoologie) a bien été obligé d'admettre qu'il prescrirait! Il ne pouvait pas décemment dire autre chose tant les arguments étaient probants.

Avec un peu de chance, dans un mois après vous irez mieux, vos analyses et vous en témoignerez et votre médecin vous suivra pour aller plus loin.....

Dites moi si ça vous paraît pertinent...Consciente que c'est une situation idéale (et qu'il en existe d'autres), j'espère que cela pourra vous donner qqs idées pour amorcer les choses.
julien
 

Messagede julien » 07 Mai 2010, 11:46

Post de ALEWOBLE le 05 Mai 2010 à 13:40:


Vous n'en avez pas marre de vous faire peur avec vos petits bobos.
Pour ma part, entre la chimiothérapie, le baclofène, l'alcool, les clopes etc... si je devais tout analyser il ne me reste plus qu'a arréter de vivre.
Je crois que c'est P.Olivier qui a l'approche la plus rationnelle. Relisez bien ces messages et dites vous que vous vous manipulez vous même à cause des réserves qu'a émis (volontairement ou non) votre medecin prescipteur. A savoir que si j'avais suivi sa prescription (20mg le matin, 20 à midi et 20 le soir) je serai certainement vraiment malade.
Allez, courage! Le jeu en vaut la chandelle.
julien
 

Messagede pierre olivier » 07 Mai 2010, 11:58

Sofianie, le 24 Février 2010, 11:31



Bonjour à tous,
Je tenais à vous dire que pour moi les effets secondaires ce n'est pas dans ma tête mais qu'ils sont bien réels, perte d'appétit (pas grave j'ai pris 20 kg avec l'alcool), mal de dos prononcé, réveils intempestifs et de longue durée durant la nuit, baisse de tensions, j'en suis à 8 de tensions actuellement et j'ai toujours la tête qui tourne, donc les effets secondaires je les subit depuis 1 1/2 mois, beaucoup, mais vous savez un ben je m'en fiche, oui, je m'en fiche car je sais que cela passera, alors que l'alcool ne passe jamais.
pierre olivier
 

Messagede julien » 07 Mai 2010, 12:18

Alain5 le 10 Octobre 2009 à 12:48:


J'ai 48 ans . J'habite le sud est de la France.
En septembre 2005 était paru dans le magazine Top Santé .Un article : "j'ai tenté un traitement qui m'a sorti de l'alcoolisme" .Parlant d'un cardiologue qui s'était guéri de sa maladie avec un médicament : le baclofène .
J'ai aussitôt photocopié l'article et l'ai envoyé à mon médecin traitant
.
Je n'ai eu aucun commentaire.....Jusqu'au jour où.....

En novembre 2008 ,ce même cardiologue le Dr olivier Ameisen a publié son livre : le dernier verre .
En accord avec mon homéopathe , qui a lut son livre et qui y croit .J'ai commencé un traitement au baclofène le 03.12.2008
Au début 0.5 mg trois fois par jour .Et progressivement , depuis fin juillet , ma posologie est de 150mg / jour.
Je n'ai pas de somnolence ni de faiblesse musculaire .(je fais de la course à pied régulièrement , je supporte bien le traitement ).
Par contre au début .Je faisais des rêves d'humiliation et je n'osais pas augmenter les doses , par crainte de passer une mauvaise nuit...
( En fait c'est très bon de revivre des évènements refoulés ,c'est en quelque sorte un nettoyage cérébral )
...Il faut dire que depuis l'adolescence, Je souffre d'une anxiété sociale avec stratégie d'évitement.....
(des études récentes réalisées en I R M ont montré que les personnes ayant une forte anxiété ont l'amygdale cérébrale anormalement activée ) Source :Christophe André - Psychologie de la peur - Ed odile Jacob
....Pour calmer cette angoisse et ce trac .J'ai trouvé un soutien avec l'alcool , rapidement je suis devenu dépendant vers l'âge de 25 ans .Il s'en est suivi une longue période de rechute avec cinq cures de 1996 à 2001

Aujourd'hui et grâce au baclofène .Il m'arrive de boire un verre ou deux à l'occasion ( deux ou trois fois par mois ).
Je le fais davantage pour vérifier si je suis réellement indifférent à l'alcool que par envie....
Car je n'éprouve plus le besoin de m'enivrer , je n'en vois pas l'intérêt ! ( Il y a un an , je n'aurais pas parlé comme ça....)
De plus à propos de l'anxiété sociale .J'ai retrouvé confiance en moi , j'ai moins peur d'affronter les situations que je redoute .

Comment peut-on être heureux ; s'il faut fuir les réunions festives par peur que l'envie de boire prenne le dessus...

Comment peut-on être heureux ; s'il faut surveiller son alimentation quotidiennement , par crainte d'y trouver de l'alcool...

Comment peut-on être heureux ; si par malchance vous rechutez et que l'on vous dit que vous allez rattraper le temps perdu...

Je remercie le Dr olivier Ameisen , d'avoir le courage de se dévoiler , pour aider ceux qui souffrent d'une addiction et pour convaincre un milieu médical souvent hostile à toute nouveauté .
Je remercie toute l'équipe qui a créé ce site , c'est un grand soutien .
Et j'encourage tous ceux qui prennent le baclofène.
Cela vaut le coup . C'est une autre vie.

Alain
julien
 

Messagede Marion » 19 Mai 2010, 18:54

Post de Tonystrap le 19 mai 2010 à 16H22


Je n'ai pas trop donné de nouvelles et je vous remercie encore de vos précieux conseils. Lorsque j'ai lu et relu que vous recommandiez systématiquement la lecture du livre de Olivier Ameisen cela m'a un peu irrité. C'est sans doute l'enfant rebelle qui s'exprimait. En fait j'avais eu beaucoup envie de le lire mais sa prescription répétitive me choquait. Cela dit je l'ai commandé et lu en quelques heures. J'en conseillerai la lecture à toute personne que rencontrerai et qui souffre d'un problème d'alcool. Ce site ma permis de me considérer comme un malade à part entière et non comme un déviant et la lecture du livre m'a conforté dans cette nouvelle approche de ma vie,déculpabilisé.

Mon médecin qui n'entendait rien à ma demande de prescription au premier abord, à bien voulu me prescrire une boite le 29/04/10. Je suis retourné le voir en lui expliquant que le traitement ne serait efficace qu'à haute dose. Il a été très sceptique: il m'a dit qu'il n'en avait rien à foutre des informations qui circule sur internet, que les remèdes miracle ça n'existe pas, que les labos veulent se faire du fric avec ce genre de trucs et que de toutes façons si on avait un moyen de soigner l'alcoolisme cela ferait longtemps que la sécu l'aurait autorisé vu le coût de cette maladie pour la société... .Cela dit il m'a dit:"Il y a moi et la médecine, et la médecine pour moi c'est Prescrire (la revue spécialisée) ou le Lancet, mais je ne lis pas le Lancet car je parle pas anglais. Ensuite il y a moi et toi, et si ce médicament fait que tu vas mieux alors je te le prescris et alors j'aurai gagné. Tu reviens me voir quand tu n'en a plus, d'ici là je me renseignerai". Au final c'est un bon médecin. Il n'est pas prêt à prescrire n'importe quoi mais agit tout-de-même dans l'intérêt de son patient. Il a ajouté: "je pense que c'est du pipeau, mais si ça marche,que tout cela est vrai je te dirai merci". Sur ce j'ai eu quatre boites de 300mg. le 07/05/10.

Je ne tiens pas de comptabilité écrite (pour rien d'autre non plus d'ailleurs) et les tableaux me font profondément déprimer. J'en suis fort désolé. Cependant je peux vous dire que je suis passé de 15mg par jour à 160mg par jour en vingt jours (on oublie les 50mg en une prisedu début). Un peu de somnolence mais rien de bien grave, je me sens très alerte, d'ailleurs je suis beaucoup plus en forme pour faire cours et j'enchaîne les leçons quatre heures d'affilées avec une aisance incroyable. Durant cette courte période je suis passé de plus de deux à trois litres de vin par soirée à deux-tiers voire une demi bouteilleces trois derniers jours. Je me sens très calme, posé, volontaire et positif. J'espère que tout cela est vrai, que ça va durer, que ce n'est pas une euphorie passagère, une lune de miel.

Mon craving est toujours là, mais au début j'ai remarqué que je me forçais un peu pour finir les bouteilles, comme si je n'avais pas rempli mon contrat quotidien. Et puis aussi je remarquais que je différais le moment de la première prise malgré moi. J'avais toujours quelque chose d'autre à faire avant. Maintenant je bois car ça me rassure, cependant l'obsession de la prise suivante est beaucoup moins forte. Comme je bois en cachette c'est facile à remarquer car je passe nettement moins de temps à élaborer toutes ces stratégies pour atteindre mon but. L'idée de boire me vient moins souvent et chaque prise est aussi moindre. En somme je bois moins sans m'en rendre compte. Entre 22 heures et minuit, là où j'avais tendance à accélérer le mouvement, je n'ai plus autant besoin "d'y aller", je me dis que"demain matin je sera content de ne pas l'avoir fait; et ça marche: le matin je suis content. Le soir quand je vois la bouteille de la veille,je me dis que c'est pas possible que j'ai aussi peu bu. Mais j'ai peur que ça ne dure pas et en même temps je n'ai jamais eu une confiance en moi si forte; cela me vaut une certaine suspicion de la part de ma compagne, qui est tellement étonnée de mon changement de tempérament,qu'elle m'accuse de sur-jouer. C'est pas grave, ça ne m'énerve même pas! Avant ce genre de remarque lui aurait valu au moins deux jours de bouderie.

Bon, toutes ces considérations sont sans doutes trop longues alorsj'arrête. Une dernière chose néanmoins à propos de la prétendue faiblesse musculaire due au bacolfène: lundi matin j'ai déposé ma voiture chez un carrossier à neuf heures. En dépit du fait que je m'étais couché à deux heures et demie du matin, je suis renté chez moi à pieds ( quatre bornes en montée). Arrivé chez moi, impossible de ne pas tondre la pelouse (qui attendait depuis un bon mois). Comme j'ai décidé de me remettre au golf, je n'ai pas pu m'empêcher de faire dix-huit trous l'après-midi. En effet je n'ai jamais éprouvé une telle faiblesse musculaire.

Bien à vous tous,
Tonystrap.
La fin de la dépendance grâce au baclofène,http://arreter-de-boire.fr/?cat=83
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Messagede Marion » 25 Juil 2010, 20:01

POST DE DELPHINE DU 24 JUILLET 2010, 00h22



Bonjour à toutes et tous, ceux que j'ai eu l'immense plaisir de rencontrer lors de ce si précieux colloque du 26 juin et ceux que je ne connais pas encore, avec qui j'aurai le plaisir d'échanger désormais.
Tout d'abord mille excuses de venir si tard (presqu'un mois déjà !) me joindre à vous, mais comme je l'ai expliqué à Julien, j'ai du investir dans un nouvel ordi (mon cher Toshiba a rendu ses derniers octets en un soupir') et ai tardé à le rapporter chez moi étant donné que j'étais en plein travaux (un vrai chantier, poussières etc).
Bref nous y voilà quand même ouf, et cette fois je m'installe confortablement (si vous voulez bien de moi of course').
Je n'ai pas encore eu le temps de bien vous lire, j'ai parcouru rapidement le site et le forum pour me familiariser un peu, et je prendrai le temps de le faire davantage au fur et à mesure.
Je vais essayer de vous communiquer quelques bribes de ma « petite histoire » personnelle, notamment de ces derniers mois, en rapport avec le Baclofène (et par là même de l'alcool).
Je dois dire en premier lieu être actuellement dans un positivisme et bien être que sans aucune exagération JE N'AI JAMAIS RESSENTI NI VECU. D'ailleurs aujourd'hui est une bonne date pour écrire mon premier post ici, puisque je « fête » jour pour jour mes 8 mois d'abstinence totale.
En fait, pour ma part, j'ai fait les choses « à l'ancienne », puisque sans Baclo au début. Je ne connaissais ce médicament qu'au travers de l'émission « se libérer de l'alcool » passée sur France 2 en automne dernier, avec l'interview d'Olivier Ameisen. Ca m'avait déjà interpellée et intéressée, et je m'étais brièvement informée, mais sans plus j'avoue.
Mon « dernier verre » n'a pas été prémédité, contrairement à d'habitude où je fixais de façon quasi obsessionnelle des dates dites « symboliques » d'arrêt.
J'avais accepté quelques jours plus tôt de la part de mon alcoologue une proposition de cure de trois semaines. En 2006, j'avais vécu 2 hospitalisation en HP + 2 en cliniques psychiatriques + 1 post cure + 1HDT (!!) ...
Je me souviendrai toute ma vie de cet entretien ; contrairement à d'habitude où j'essayais de préparer un peu ce que j'allais et voulais aborder avec elle (l'alcoologue), là je ne savais plus, je n'avais plus d'idée, plus de solution et, peut-être pour la première fois depuis le début de ma dépendance 14 ans plus tôt, je n'avais plus d'espoir. Et pour la première fois aussi, je commençais sérieusement à penser au pire, pas de façon fugace ou uniquement sous effet alcoolique, mais de plus en plus quotidiennement, comme seule solution, une solution cette fois définitive, à mes souffrances.
Je suis arrivée dans son cabinet dans cet état de vide et de désespérance, et lui ai dis que là, je ne savais plus, je n'y arrivais pas et je pensais désormais que n'y arriverai plus, jamais. Ma toute petite flamme intérieure qui jusque là m'avait maintenue en vie, un peu, s'essoufflait de plus en plus et allait s'éteindre pour de bon, je le sentais.
Je me souviens lui avoir dit (j'étais sobre), « je suis mal dans l'alcool, bien sûr, et ne peux accepter de vivre comme ça, mais je suis mal aussi sans, c'est une souffrance différente c'est vrai, mais je ne peux pas vivre comme ça non plus ; je peux vivre ni avec, ni sans' ».
Elle qui d'ordinaire était souriante, enjouée, positive, me « coachait » presque (TCC etc), elle a ce jour là eu un air grave. Je n'étais pourtant pas effondrée, ni en pleures, ni en colère, juste peut-être vide et' résignée, battue, perdue'
Elle m'a dit d'un ton extrêmement calme et sérieux : « j'espère que vous n'allez pas hurler, je sais que vos expériences de 2006 n'ont pas été bénéfiques, mais nous travaillons très bien avec un centre et nous avons de très bons retours de patients' L'équipe thérapeutique est importante, compétente et pluridisciplinaire, il y a beaucoup d'ateliers etc ». Je lui ai posé quelques questions, mais je crois que ma décision était déjà prise. Quelques jours plus tard je la croisais dans les locaux du CCAA dans lequel je suis suivie et lui demandais que l'on remplisse la demande d'admission au plus vite.
C'était début novembre, j'ai eu une date pour le 30 décembre. Je crois à partir de là m'être accrochée à cette date, cette échéance à court terme. J'ai accéléré mes recherches d'emploi (j'étais au chômage depuis 8 mois), et le 23 novembre, un jour comme un autre, je me suis réveillée vaseuse de ma cuite de la veille, vraiment un jour comme un autre, et j'ai bu le reste de bière tiède dégueulasse qui restait au fond de mon verre, juste en tendant le bras de mon lit, un geste là aussi comme tant d'autres'
Seulement j'étais épuisée, j'avais mal calculé mon coup (souvent je n'en revenais pas des quantités que je pouvais ingurgiter alors qu'en achetant je me disais qu'il y en aurait largement assez, que je ne pourrai jamais boire tout ça !). Je n'avais donc plus rien, mais je me suis endormie, incapable de me lever et de bouger, avec un Séresta 50. Quand je me suis réveillée il était trop tard, Inter et Monop étaient fermés, re-Séresta.
Le lendemain je recevais un appel pour un premier entretien d'embauche. J'ai bossé comme une malade, fais des recherches sur la structure, pris des notes, révisé, répété, sans alcool. J'ai passé avec succès le premier palier, puis le deuxième quelques jours plus tard auprès du Président de l'Assoc. dans laquelle j'avais postulé. J'avais pris soin lors des 2 entretiens de dire au directeur et à la DRH que je n'avais qu'une contrainte, car prévue de longue date, celle de devoir m'arrêter à compter du 30 décembre pour une « raison médicale » qui nécessiterait que je sois immobilisée trois semaines. Ca pouvait être tout et n'importe quoi, et c'est passé' J'avais bien précisé « ne vous inquiétez pas, c'est « embêtant » mais tout à fait bénin (s'ils savaient !!), vous pouvez être sûrs que je reprendrai le travail le 20 janvier' ».
J'ai été embauchée le 14 décembre, et n'ai rien bu les jours précédents, même pas pour « fêter ça ; mes alcoolisations pouvaient durer plusieurs jours et nuits d'affilés, et j'avais une peur panique de louper mon entrée dans ce travail qui pouvait me permettre de sortir un peu la tête de l'eau (et qui sait de l'alcool').
J'ai assuré, j'ai tenu, j'ai résisté, et c'est pourquoi avec recul ce 23 novembre ne m'apparaît plus tout à fait comme un jour comme les autres'
Je suis entrée en cure comme prévu, abstinente de plus d'un mois (à peu près mon record), et m'y suis investie entièrement. Le dernier we j'avais une perm et suis rentrée chez moi le samedi midi ; j'ai vécu un infernal craving dans le train, mais je n'ai pas craqué, sans doute uniquement parce que je revenais le lendemain soir.
Je l'ai dis à l'addicto le lundi, j'étais terrifiée de sortir, j'allais rechuter, comme toujours ! Il m'a demandé si j'avais déjà pris des médicaments pour aider au maintien de l'abstinence (Naltrexone ' acamprosate), je lui ai dis que oui, et que ça n'avait bien sûr jamais rien fait.
Et c'est là qu'il m'a proposé du Baclofène, nous y voilà !
J'ai commencé à 30mg, puis 60 très rapidement (au bout de 3 jours je crois). Il m'a fait une ordonnance de sortie à 75mg avec note à mon alcoologue de passer à 90 une semaine après.
Je n'ai pas vraiment subi d'effets secondaires, mais mes envies d'alcool demeuraient, si ce n'est que je n'ai jamais plus ressenti un craving aussi important que celui du we de perm.
J'ai repris le boulot le lendemain, et j'ai continué à assurer, je ne savais pas du tout vers quoi j'allais mais ce sur quoi j'étais, ici et maintenant, me semblait à peu près stable, et c'était bien là le principal pour l'instant. J'avais enfin du travail, j'étais abstinente depuis 2 mois, j'avais vécu une cure « intéressante » où j'avais beaucoup investi de moi-même et m'étais un peu ouverte aux thérapeutes. Je marchais sur des 'ufs c'est clair, mais les jours se sont additionnés, et les 'ufs quelque part ont durci'
A mon retour, mon alcoologue m'avait expliqué qu'elle n'avait jamais prescrit de Baclofène, qu'elle n'en avait d'ailleurs pas l'autorisation (CCAA-ANPAA > structures a vocation publique > pas de prescription hors AMM'). Elle a accepté néanmoins de « prendre le risque » de continuer à me prescrire 75mg, parce qu'« elle avait confiance en moi et l'addicto » (qu'elle connaissait un peu), mais « ne pouvait passer à 90mg » (elle reste en AMM avec 75mg, et d'ailleurs je suis remboursée).
J'ai fait avec, lui étant reconnaissante déjà de bien vouloir continuer à me le prescrire. Je voyais bien que je souffrais toujours de craving, et certains moments ont été très périlleux, tiraillées par des envies tyranniques. Mais je les ai néanmoins surmontées, moi qui n'avais jusque là été qu'une « rechuteuse chronique ». C'était mon premier succès, et la première fois que je relevais un peu la tête'
J'ai même diminué à 60mg pendant quelques semaines, me disant que si « ça ne me faisait rien », ça ne pouvait en tous cas pas me faire de mal, surtout au niveau musculaire et anxieux. Et puis, je ne sais pas trop pourquoi, mais j'avais envie d'en avoir un peu de côté, je « sentais » quelque chose arriver, qu'il fallait que je creuse quand même un peu plus cette question de Baclofène.
Et le colloque est arrivé'
Et là, le déclic ! Intellectuel et émotionnel ! Mais nous aurons bien l'occasion d'en parler et d'approfondir ce sujet, je me rends compte déjà de la tartine que j'ai écrite !
Entre autres extraordinaires bénéfices de cette journée, la rencontre de certains d'entre vous bien sûr, tous plus attachants, vrais et forts de courage et de conviction les uns que les autres, et le véritable « coup de foudre » cognitif et humain que j'ai eu pour Mr AMEISEN (dont j'ai dévoré le livre par la suite), ainsi d'ailleurs que pour la plupart des intervenants professionnels et de leurs exposés. Ce colloque débordait d'humanisme et d'humanité !
J'ai eu l'immense privilège d'être « présentée » au Docteur RDB qui a eu la grande gentillesse de me proposer de prendre rdv avec lui en août. J'aurai ainsi un prescripteur et un très grand professionnel pour un suivi digne de ce nom.
En attendant, grâce au petit plus de Baclo que j'avais économisé en passant à 60mg et à l'aide de quelqu'un qui se reconnaîtra, j'ai pu augmenter mes doses depuis le 26 juin, à raison de 10mg par semaine. Je finis là ma semaine à 120mg et passe à 130mg lundi (et ainsi de suite jusqu'au rdv).
Je n'éprouve pas d'effets secondaires gênants, par contre je me rends compte de son formidable effet « apaisant » sur moi, physiquement et psychiquement. Je faisais moi aussi partie des « angoissés de la vie » (j'ironise mais vous savez bien quel enfer c'est !), et comme je le disais au début, je dois vraiment dire aujourd'hui très honnêtement que je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau, confiante et positive, et je n'ai pas même peur de dire heureuse ! Et ça de façon stable, j'ai dis pas plus tard que ce matin à une amie que je n'en revenais pas des changements si bénéfiques qui s'opéraient en moi en ce moment.
Seul « bémol », je ne suis toujours pas indifférente, je ne me hasarderai donc certainement pas à retoucher à un verre pour l'instant. Rien que l'idée me donne à la fois envie et me terrifie en même temps. Donc je reste bien consciente et vigilante à ce niveau.
De toutes façons, je me suis fixé un objectif, une sorte de principe, celui de rester totalement abstinente au moins pendant un an entier, même lorsque j'aurai atteint le seuil de l'indifférence.
Je vais enfin finir là mon roman de ce soir, j'entends d'ici les lecteurs qui auront eu le courage d'aller jusqu'au bout dire « oufff !! ». Je pense en tous cas avoir largement rattrapé mon retard lol !
J'ai tenu en tous cas à vous livrer de la façon la plus spontanée (et très bavarde !) mon petit parcours de vie en relation avec l'alcool et le Baclofène, et il est vrai que comme pour chacun d'entre vous, nos histoires sont difficiles à résumer en deux mots.
J'espère échanger bientôt, ce forum à l'image du Baclofène est d'utilité publique, et ce combat pour NOS guérisons est le plus pieux qui soit, car sa motivation est le droit à la VIE, la notre et celle des générations futures.
A bientôt.
Delphine
La fin de la dépendance grâce au baclofène,http://arreter-de-boire.fr/?cat=83
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Marion
 
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