sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

discussion libre d'entraide sur le baclofène
Règles du forum
Bienvenue aux nouveaux !

* Ici vous pouvez créer votre propre sujet, c'est à dire le fil de discussions sur lequel vous pouvez vous présenter et serez suivis tout au long de votre parcours.

* Si vous en avez déjà un, le forum libre est à votre disposition pour aborder d'autres thèmes.

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sandrine » 03 Aoû 2013, 09:33

Bon, tiens, je vais m'y coller, enfin.

C'est le point de vue d'une personne qui est arrivée ici en outsider, et je récapitule pour les ceusses qui sont arrivés récemment et les anciens aussi, va, pas de jaloux.

Au printemps 2012, je vais voir à l'autre bout du pays un vieux pote, aux prises (depuis avant qu'on se connaisse) avec un alcoolisme plutôt mondain, quoique quotidien. Il me parle du baclo. Je me dis "SSékoi ce truc?". Depuis 30 ans, j'en ai côtoyé des patients à qui distribuer Antabus et autres trucs qui ne soignent rien.

(Je reprécise que je suis infirmière, à mon grand dam et mon grand dol, n'ayant pas choisi ce métier, mais une manière de gagner ma vie vite, et d'être indépendante d'un milieu familial bien toxique - à l'époque, on était défrayé dès le début, et avec ma rente d'orpheline ça faisait la rue Michel. Donc, je n'ai jamais été contente d'être ce que j'étais, toujours cherché à en sortir, et déjà par la pensée, sentant que ça puait du cul d'être automatiquement du côté des gentils et des bons juste avec une blouse et un badge.)

Alléchée par ce qu'il m'en dit (circuit de récompense niqué, rétablissement du circuit en question, essétéra essétéra), je me renseigne.

Ouah que cool, en effet comme je le pressentais depuis longtemps, (en côtoyant entre autres un beau-frère alcoolique et ma frangine son épouse, qui a soigné la relation aux Alanon jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'il fallait sauver ses propres fesses), c'est une maladie qui se déclare dans certaines circonstances de faiblesse de l'environnement et de la personne, à des moments précis où celle-ci fait le choix le moins pire sur le moment (l'alcool, ou autre chose), pour se mettre en sécurité psychique. Je dis le choix le moins pire, parce qu'ensuite, ça devient la caguade.

Donc je me manifeste ici, en tant que pote d'un alcoolique, touchée par sa démarche, intéressée aussi à la nouveauté. Pendant trois mois, j'échange, je réfléchis. Et je pense que ça n'attendait plus que ce dernier coup pour mûrir... vu que je me suis rendue compte que la pulsion existait sous d'autres formes, et que dans ma famille, elle se retrouvait chez bien des personnes, souvent traduite en TCA (troubles du comportement alimentaire).

Et que des gens s'étaient lancés dans la baclothérapie pour soigner des TCA. Ca balbutiait encore, mais... les résultats étaient parlants.

Alors je me dis: et toi? Qui quand ta journée se passe mal, ou que l'occasion fait le larron, ne sent pas toujours la satiété? Qui comme gamine se payait des crises de boulimie avec le panier de pommes du verger, côtoyait une mère boulimique vomisseuse...

Alors j'ai eu envie d'essayer, tiens. En même temps, c'était concrétiser ma théorie et mon éthique perso, à savoir que le monde n'est pas partagé entre les gros nuls qui ne savent pas se tenir et les autres "qui n'ont pas de problèmes".

Mon cul.

Je voyais bien que des gens dits "à problèmes" étaient des personnes remarquables, et que moi, ben j'en avais aussi un, de problème, au fond.

On a tous des problèmes, on les gère avec ce qu'on rencontre. Il y en a qui compensent en faisant du sport (c'est bien vu), de l'altruisme (c'est bien vu aussi), mais pas si loin de la dépendance (aux endorphines pour les premiers, et chez les seconds, avec parfois le besoin que les autres aient besoin d'eux...); d'autres avec des substances (drogues, alcool, nourriture...).

Donc, on n'est pas différents tant que ça, sauf que la deuxième catégorie se met hors-la-loi / se marginalise jusqu'à l'état de clochard parfois / risque de mourir d'overdose.

Moi, j'ai plus de chances de mourir des effets secondaires du surpoids. Mais je vais vous dire... j'm'en tape, je suis dans la frange qui survit sans trop se mettre en danger. Mon point de bascule, ça a été ces quelques mois de discussions ici à me conforter dans l'idée que décidément, je ne voyais pas de différence entre eux, vous et moi.

Zou.
http://une.histoire.d.agrumes.over-blog.com/

Si vous souhaitez me contacter, passez par la voie e-mail
Sandrine
 
Messages: 3228
Inscription: 19 Mar 2012, 18:43

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede hbb » 03 Aoû 2013, 11:56

Je n'ai pas eu beaucoup la sensation de ce sentiment d'autorité légitime, Joséphine. Notre fils était tout simplement en train de se noyer. Mon mari et moi, puis moi seule (parce que tout était trop affreux, trop lourd, trop révoltant pour lui) sommes restés là, comme la seule toute petite, infime lumière qui permet de réagir à l'instinct de survie.
Mais vous avez sans doute raison. Il a accepté d'avaler ses cachets, sans rebellion, puis que nous lui ôtions la dernière bouteille.
Je dirais plus que nous avons établi un climat de confiance et de respect, surtout après la lecture du livre d'Olivier Ameisen. C'est là, le point de départ de la guérison.
J'ai pensé partir, mais je n'ai jamais pu. On peut quitter un mari, une femme. Un enfant, non... Jamais.
hbb
hbb
 
Messages: 15262
Inscription: 27 Sep 2011, 15:14

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede joseph99 » 03 Aoû 2013, 18:47

@ HBB,
Lorsque j'écris "autorité naturelle" j'entends respect dû au parent, respect dû à l'âge, respect dû à la génération précédente et non pas soumission à toute forme d'autorité et encore moins d'autoritarisme travesti sous forme de chantage. C'est bien, me semble-t-il votre statut de Maman qui vous a fait rester jusqu'au bout auprès de votre fils parce que ce statut est un statut d'amour.
Mais pour autant, comme le dit Change, toute autorité, quelle qu'elle soit, tout amour, si puissant soit-il, ne peuvent rien contre la maladie de l'Autre, enfant ou conjoint :
Change qui répond à Gifran :
"Ton expérience précédente t'as sans doute permis de comprendre que vouloir "nous apprendre la vie" ne sert à rien, voire produit l'effet inverse de celui escompté. C'est terriblement "énervant" même si ça part d'un bon sentiment, que c'est par amour, de s'entendre dire d'arrêter, que ce n'est pas bien alors qu'on ne le peut pas malgré la meilleure volonté du monde. Comme si on ne le savait pas ...C'est assez terrible de se sentir infantilisé de la sorte pour te dire la vérité.
Mais tu n'y es pour rien ! C'est humain de vouloir empêcher quelqu'un qu'on aime de se détruire. D'autant que l'alcoolisme a été, est est encore par les cons, considéré comme une tare et non comme une maladie."


Et si le parent, le conjoint ont le sentiment que leur amour a contribué à atteindre le point de bascule, ils ont raison, nous avons raison ; cependant le point de bascule, c'est le malade qui le franchit, seul, dans une vraie solitude, bien qu'entouré.

C'est peut-être là la réponse à la question que je me pose à propos de la solitude de certains malades ; en fait, ce fameux point de bascule, quand il se présente, c'est seul, complètement seul que le malade le passe et quel que soit le contexte ; hormis sûrement les situations de totale désocialisation ???

Ce sont tous ces paradoxes qui font la complexité des situations et qui peuvent parfois conduire à des incompréhensions.

Hé bien, malgré tout, grâce au baclofène, on parvient à avancer dans le même sens!!!

Joséphine épouse de Joseph99
Avatar de l’utilisateur
joseph99
 
Messages: 782
Inscription: 14 Avr 2012, 10:26

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sam70 » 03 Aoû 2013, 22:57

Bonsoir,

Je répond et creuse d'habitude par MP pour ne pas encombrer ce fil de commentaires intempestifs. Je change cette fois. Cela me semble important pour la bonne compréhension de tous car ce principe du point de bascule n'est pas évident. Et je vois que les interprétations varient.

Le point de bascule, c'est passer d'une inconsciente sur-consommation d'alcool ne posant ni problème ni souffrance à ses yeux, au constat froid, sincère et mémorisé de sa dépendance, son impuissance, son enchaînement à l'alcool, comme seul pivot de notre existence. C'est tout.
Une fois cette prise de conscience engagée (elle peut être instantanée ou progressive), arrive ensuite l'acceptation puis la compréhension de son état maladif, et enfin la décision de se soigner (nécessitant effectivement l’abandon du malade dans une solution médicale - ie J99). Tout le chemin psychologique est là. Mais le point de bascule n'est que cette toute première étape.


Gardons comme objectif de ce post, la seule description précise de ce moment où nous ouvrons les yeux pour la première fois sur notre état dépendant. C'est cette toute première lueur qu'il nous faut lire ici. C'est ce qu'il y a de plus difficile parce que cela dérange encore notre inconscient... Ce moment où il a pour la première fois lâché prise !

Portez vous bien,

Samuel
Avatar de l’utilisateur
Sam70
 
Messages: 69
Inscription: 16 Jan 2012, 14:45
Localisation: Paris

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sandrine » 03 Aoû 2013, 23:28

Sam, ça me met mal à l'aise de voir comment tu réponds, là.

Tu cherches quelque chose de très précis et qui correspond à quelque chose qui t'est très personnel, ça ne laisse guère de place à l'expression, et me fait penser à ces techniques de rebirth et autres trucs zarbis, cri primal et Cie, sonnant comme de la psychologie à la petite semaine. Ou encore un truc limite délirant, comme ma pote Martha qui cherchait l'équation universelle dans n'importe quelle succession de chiffres juste avant de se mettre à balancer les meubles dans la rue par le balcon, en slip et soutien-gorge.

Garde, toi, en pensée, que ce site a comme objectifs de laisser avant tout libre parole aux intervenants et de les soutenir dans leur quête.

Es-tu thérapeute? Je ne pense pas, tu n'oserais pas te livrer à un pareil décorticage en cherchant un hypothétique moment déclencheur de prise de conscience, ce n'est pas ça qui aide les gens: car c'est le pendant, je pense, du besoin de miracle qui est si souvent évoqué ici. Et me fait redouter que la prochaine étape soit une proposition de thérapie-minute, une illumination soudaine et extatique. Ca peut être extrêmement destructeur, même, car suggérant un tilt de film hollywoodien, à un moment crucial et détenant toutes les réponses.

Autant l'alcoolisme ou n'importe quelle dépendance se construit comme une barbe-à-papa, sur la durée... autant chercher des moments précis dans son évolution, à n'importe quel moment, me semble bien moins constructif qu'une introspection sur la durée, également.

Voilà. J'avais déjà trouvé assez intrusif de recevoir en mp une invitation à venir répondre sur ce fil au titre provoquant forcément un élan, et plutôt formulé de manière marketing... mais je ne viendrai plus me mêler de ton sujet si recadrant sur tes demandes, alors qu'il semblait appeler à une solidarité que nous pratiquons ici à notre manière, depuis bien avant que tu n'arrives ici: nous cherchons à étayer la baclothérapie autant qu'à soutenir les personnes qui la tentent. Ce que je ne vois guère dans tes 8 messages dont 7 sur ce fil-ci, l'autre étant une présentation tardive... qui aurait été bienvenue comme toute première intervention, pour nous éclairer sur ta trajectoire.
http://une.histoire.d.agrumes.over-blog.com/

Si vous souhaitez me contacter, passez par la voie e-mail
Sandrine
 
Messages: 3228
Inscription: 19 Mar 2012, 18:43

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede hbb » 03 Aoû 2013, 23:55

Ne serait-ce pas le pourquoi et le comment du passage du déni à la prise de conscience qui vous intéresse, Sam ?
hbb
hbb
 
Messages: 15262
Inscription: 27 Sep 2011, 15:14

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sam70 » 04 Aoû 2013, 00:08

Bonjour Sandrine,

Je ne suis ni psychologue ni magicien.Tu fais je pense une mauvaise interprétation de ma démarche.

Lorsqu'un alcoolique est dans le déni, il peut y rester des années. Ce sont eux qui m’intéressent. A partir du moment où l'on commence à ouvrir les yeux sur son état de dépendance, on commence à réaliser que ça n'est plus tenable. Ensuite la dynamique est enclenchée, plus ou moins rapide. Et la médiatisation croissante du baclofène conduit les conscients de longue date comme les nouveaux vers cette solution médicale, en évitant de plus en plus les scandaleux échecs des mirages traditionnels. Ces erreurs médicales sont elles, oui, présentées comme des thérapies-minutes, des illuminations soudaines et extatiques pour lesquelles les 70-80% d'échecs nous ont été soigneusement cachées lorsque nous nous y sommes engagés.

Tu as raison. Dans ce post, je n'essaie pas d'étayer la baclothérapie ni de soutenir les personnes qui la tentent. Je ne me concentre ici uniquement que sur ce moment où l'on passe de l'inconscience relative d'une surconsommation à une prise de conscience du problème. Rien d'autre. Ensuite, le chemin est encore long pour bénéficier de tes conseils sur ce forum. Mais sans ce point de bascule (tel que je le nomme, peut-être mal...), rien ne se passe. C'est cette lueur que je cherche à comprendre : quand, comment, pourquoi, grâce à quoi, à qui, pourquoi pas avant ? Exactement comme l'a dit hbb. Je ne prétend pas découvrir de solution miracle. Mais il est sur que sans chercher, on ne trouve jamais...

Alors si tu ressens du recadrage, de l'intrusion, une provocation marketing, ou de la psychologie de comptoir délirante, sache que mes intentions sont totalement contraires. Mes mots et formulations sont peut-êtres mal choisis mais mon action est sincèrement solidaire.

Porte toi bien,

Samuel
Avatar de l’utilisateur
Sam70
 
Messages: 69
Inscription: 16 Jan 2012, 14:45
Localisation: Paris

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sandrine » 04 Aoû 2013, 00:21

Rien de tout ça. Et je te redonne ce terme d' "interprétation" plaqué sur l'expression d'un ressenti, je ne sais pas quoi en faire. Je pense juste que tu es à la recherche, pour ton compte personnel, d'un écho de ta propre trajectoire. Recadrer sur l'alcoolisme et rien que sur l'alcoolisme, voilà qui me fait me demander quelle place ont ici à tes yeux les gens qui présentent une autre addiction... tu as bien lu l'en-tête du site?

Laisser parler les gens de leur processus de prise de conscience sans les recadrer, et, pourquoi pas, leur répondre même si ce qu'ils disent ne correspond pas à ta demande, ça ressemble bien plus à l'esprit de ce forum. Tu risques même d'avoir ainsi un élargissement de la perspective... car en ne cherchant que ce qui semble de l'or, on risque de louper les pierres précieuses.
http://une.histoire.d.agrumes.over-blog.com/

Si vous souhaitez me contacter, passez par la voie e-mail
Sandrine
 
Messages: 3228
Inscription: 19 Mar 2012, 18:43

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sam70 » 04 Aoû 2013, 00:25

Certes ma trajectoire a été alcoolique.
Je ne pensais pas être le seul ici ...
Merci de ton apport.


PS : OK, je ne te contacterai plus.
Avatar de l’utilisateur
Sam70
 
Messages: 69
Inscription: 16 Jan 2012, 14:45
Localisation: Paris

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede Sandrine » 04 Aoû 2013, 00:29

Oh mais de rien, vraiment. :pack10:
http://une.histoire.d.agrumes.over-blog.com/

Si vous souhaitez me contacter, passez par la voie e-mail
Sandrine
 
Messages: 3228
Inscription: 19 Mar 2012, 18:43

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede yvlis » 04 Aoû 2013, 00:37

Eh ben, j'y réfléchirai à deux fois avant de répondre encore une fois à une sollicitation.
Dorénavant, je ne me confierai plus que sur mon fil et chacun pourra y prendre ce qu'il veut sans que cela, du moins je l'espère, donne lieu à questionnements.
Je trouve un peu perturbant de se livrer, se déshabiller, et avoir tapé à coté, car c'est bien de cela qu'il s'agit, non ?
Puis que ce fil devienne conflictuel, où j'ai mal interprété ?
Je plie et ne romps pas.
"Le chêne et le roseau"
Avatar de l’utilisateur
yvlis
 
Messages: 1288
Inscription: 22 Mai 2013, 21:57

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede untel » 04 Aoû 2013, 01:26

Allo ?
Mon pauvre Sam (à propos bienvenue), tu as chatouillé la Sandrine, qui est TRES chatouilleuse et volubile, vous pourriez même vous acoquiner bande de palabreurs.
Je me suis demandé longtemps ce que tu entendais par "point de bascule", maintenant c'est clair. D'après moi, aucune question n'est mauvaise, si elle est bien explicitée : le moment où on réalise qu'on est pris dans la nasse. Où on sait que si on ne fait rien, ça va empirer, voire finir (comme nous tous, amen), mais c'est gâcher la seule vie qu'on a pas vrai ? Quoi les accompagnants ? Quoi les voisins les rencontres ? Vous survivrez.
C'est un moment (ou une durée de temps) primordial pour comprendre et être en capacité de décider d'agir etc .... (sans compter le dernier, qui voudra bien fermer la porte merci). Donc d'après moi c'est une bonne question.
Ce sondage a suscité suffisamment de réponses pour monter l'intérêt qui lui a été porté, non ? Après, si ça débouche sur du mp-coach-surfing, on le saura vite. Si ces débats sont publics, si tu nous livres ton analyse, c'est super pour tout le monde.
Gros bisous bande de téçéAlcooliques, ainsi qu'aux martiens de tous poils, on est pas regardant, quand on aime, on compte pas.
"Conscience, devoir et abnégation", telle est la devise de l'aiguilleur chauve.
untel
ps : excusez-moi, j'ai été malade petit
Rappelez-moi mon nom ?
untel
Avatar de l’utilisateur
untel
 
Messages: 2247
Inscription: 28 Juin 2011, 22:14

sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede joseph99 » 04 Aoû 2013, 14:32

Après les échanges de ces derniers messages, je peux re-préciser le point de bascule de mon mari Joseph99 :

Il a accepté, il y a très longtemps (+ de 20 ans) l'idée que son alcoolisme existait. Il n'a jamais été dans le déni mais dans un sentiment d'impuissance (il n'était pas dans le déni du fait d'une forme d'alcoolisation massive, destructrice, brutale, avec des alcools très forts, la nuit ou pendant les week end, il se cachait).

Puis en 1999, lorsque nous nous sommes rencontrés, il avait compris que ce n'était pas consécutif à un manque de volonté de sa part mais qu'il s'agissait bien d'une maladie ; donc d'une certaine façon, la première étape est celle de la déculpabilisation ; il s'est alors engagé vers l'abstinence, aidé par un ami médecin.

La seconde étape a été la décision de devenir abstinent total (avec espéral) en 2002 mais rechute en fin 2010.

La troisième étape, que je considère comme le point de bascule : c'est la découverte du baclofène en février 2012 : le seul traitement qui permet de consommer de l'alcool lorsque l'objectif poursuivi est la maîtrise de la consommation. Une acceptation totale de se soigner puisqu'il savait que c'était pour vivre débarrassé de l'alcool mais aussi pour vivre "comme tout le monde" et non comme un malade honteux.

Sans ce traitement, il serait revenu à la première étape.

Joséphine épouse de Joseph
Avatar de l’utilisateur
joseph99
 
Messages: 782
Inscription: 14 Avr 2012, 10:26

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede hbb » 04 Aoû 2013, 15:05

Joséphine, ce que vous appelez le point de bascule, c'est celui vers la guérison par le baclofène. Sans Olivier Ameisen, votre mari, notre fils, Yvlis, Sandrine et tant d'autres seraient toujours dans leur douloureuse errance, seraient morts ou pire, malgré le point de bascule sur lequel enquête Sam...
Celui dont parle Sam, c'est le moment où le malade prend conscience que l'alcool lui nuit et qu'il sort du déni.
"Il a accepté, il y a très longtemps (+ de 20 ans) l'idée que son alcoolisme existait." : comment, "il y a très longtemps" a-t-il pris conscience de sa maladie ? Une prise de conscience a forcément un déclencheur. C'est ce déclencheur, me semble-t-il, que cherche à analyser Sam, loin de tout voyeurisme (il s'est livré lui-même sans grande concession, Sandrine), simplement pour tenter de comprendre et de favoriser ce flash auprès de tous les malades qui "s'ignorent".
hbb
hbb
 
Messages: 15262
Inscription: 27 Sep 2011, 15:14

Re: sam70 : Enquête Solidaire 1 - Le point de bascule

Messagede joseph99 » 04 Aoû 2013, 15:38

HBB,

Vous avez complètement raison ; c'est mon esprit qui déforme la question, car pour moi la bascule se fait quand on passe d'un état à un autre ; pour Sam c'est passer du déni à la conscience de son alcoolisme ; pour mon esprit (qui a tort) c'est passer de la maladie à la volonté de guérir.
Donc si je reprends les propos de mon mari quant à sa conscience réelle de son état d'alcoolique, je dois préciser qu'il a une qualité particulière et paradoxale avec sa conduite alcoolique c'est qu'il ne sait ni ne peut mentir ; donc il buvait, caché, à l'insu de tous, de sa propre famille, de sa première épouse, de son employeur mais pas à l'insu de lui même ; et c'est justement quand il a (très vite) réalisé que pour consommer plus puis de façon incontrôlable, il devait se cacher qu'il a su se dire à lui-même qu'il était alcoolique. C'est cette façon de s'alcooliser et son malaise d'homme franc envers tous comme envers lui-même qui ont été son propre déclencheur.
Lorsqu'il a rechuté, je l'ai tout de suite su, il me l'a dit immédiatement mais le lendemain à nouveau il se cachait.
La suite, vous la connaissez.

Merci HBB de m'avoir ouvert l'esprit qui se bloquait sur ce qui me réjouit le plus dans le processus : celui qui conduit vers la guérison.
Joséphine épouse de Joseph99
Avatar de l’utilisateur
joseph99
 
Messages: 782
Inscription: 14 Avr 2012, 10:26

PrécédenteSuivante

Retourner vers Fil solidaire. Bienvenue aux nouveaux ICI

 


  • Articles en relation
    Réponses
    Vus
    Dernier message

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 26 invités

x