hbb : questions à des parents

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hbb : questions à des parents

Messagede hbb » 22 Nov 2011, 18:36

Notre fils, âgé de 38 ans, marié depuis 18 ans, père de deux enfants, est devenu alcool-dépendant à la suite de difficultés dans son ménage. D'une nature hypersensible et amoureux fou de sa femme, il a eu peur de la perdre, voici 4 ans. Pour être à la hauteur de ce qu'elle lui demandait, il a commencé à boire un whisky de temps à autre. Et vous connaissez tous l'enchaînement et le cercle vicieux que cela a entraîné : sa femme a fini par le quitter, en janvier dernier.
L'alcoolisation s'est accentuée.
Ils ont opté pour la garde partagée, ont vendu leur maison et ont aménagé chacun dans un appartement, à 400 mètres l'un de l'autre, dans une ville des alentours de Paris.
Notre belle fille nous a demandé de venir soutenir notre fils, qui "aurait besoin de nous", ce que nous avons fait, bien sûr. Depuis janvier, nous sommes à ses côtés, avec quelques interruptions. Dès qu'il allait mieux, nous convenions d'un départ. Et, très vite, après une visite des enfants, un problème à régler avec sa femme, des nouvelles d'amis communs, il repartait vers une alcoolisation de plus en plus massive. Hospitalisation forcée, cure (5 jours !!!) dans un service hospitalier spécialisé (l'enfer...), passage dans un autre hôpital où on l'a laissé sortir le lendemain avec 4g dans le sang, sans aucune ordonnance, sevrages sauvages atrocement douloureux, consultations chez un premier généraliste, puis chez un psy, puis un autre, prise d’antidépresseurs et de benzodiazépines...
Nous sommes revenus après chaque incident, pour l'aider et faire en sorte qu'il ne perde pas son travail ni le contact avec ses enfants.
Au mois d'Août, enfin, nous avons fait la connaissance d'un médecin généraliste, "grâce" aux vacances du médecin référent. Et nous avons fait la connaissance du baclofène ! Ce médecin nous a dirigés, sur notre demande, vers un centre d'addictologie. On y prescrit le baclofène. Notre fils en a pris, sans y croire, malheureusement ( Et, nous le confessons, nous n'avons commandé le livre d'Oliver Ameisen qu'avant-hier) en association avec du Séroplex. Des résultats prometteurs nous ont réjouis. Durant 15 jours, au mois d'octobre, il n'a pas consommé. Tout allait bien. Mais lui n'était toujours pas convaincu par les effets bénéfiques du traitement. Il pensait être devenu assez fort pour lutter seul. Il a sauté un rendez-vous chez le psychiatre pour cause de surcharge de travail. Arrivé à 8 jours du second rendez-vous, il n'avait plus de Séroplex et avait diminué ses prises de baclofène.
Le résultat n'a pas tardé : il a replongé dans la dépression et... dans l'alcool mais il s'est tout de même rendu au rendez-vous et a repris le traitement le 10 novembre, après avoir recommencé à boire.
Ce résumé fait, voici nos questions :
Je suis à ses côtés depuis 11 mois dont 7 longs mois sans interruption. Mon mari vient me rejoindre lors des épisodes trop difficiles.
Notre fils est un taiseux, qui n'a jamais rien dit de son mal-être aux divers médecins qu'il a pu rencontrer. Pour essayer d'avancer, nous, ses parents, voyant le blocage et ses dangers, avons pensé qu'il fallait, lors du premier contact, mettre les médecins au courant de tout ce qu'il avait traversé. Lors des consultations suivantes, il disait aller très bien. Les médecins baissaient la garde et les alcoolisations repartaient.
Chez l'actuel psychiatre, même schéma. Il avait proposé à notre fils d'augmenter le baclofène (de 30 à 60mg). Mais avec un rendez-vous par mois et une ordonnance stricte basée sur une dose journalière fixe, la marche à suivre qui amène à la réussite n'a pas été suivie. Impossible de convaincre notre fils de téléphoner ou de demander un rendez-vous plus proche. J'avoue que j'ai pris sur moi d'augmenter progressivement le baclofène, de 60mg à 120mg, pour tenter de le persuader que ça marchait. Le dialogue étant difficile (désir d'indépendance, besoin de se gérer, honte sans doute), il est passé de 90 à 120 très rapidement, avec des effets secondaires pénibles, d'autant qu'il travaille en indépendant, chez lui (pas possible de prendre des congés maladie !). De très bons résultats ont suivi.
Vous avez plus haut le récit du dernier épisode, durant lequel j'ai écrit au psychiatre pour lui demander conseil, en lui expliquant que nous avions pris la liberté de modifier les dosages et en lui relatant la négligence dans la prise des médicaments, de façon à ce qu'il me guide face aux symptômes que je ne comprenais, car je n'avais, bien sûr, pas constaté la ré-alcoolisation : qu'une mère peut être crédule !
Je me suis fait vertement tancée. Il m'a reproché de connaître plus de choses de notre fils par moi que par son patient lui-même. Il m'a dit qu'il lui était impossible de soigner en triangulaire, qu'il ne savait pas faire.
Mais comment agir ? Chaque fois que nous sommes partis, catastrophe. Quand nous sommes là, ça n'avance pas. J'ai seulement voulu pousser un peu pour que le psychiatre pose des questions ou lance des mots qui puissent aider notre fils à parler.
Il n'a jamais été malade, il a déménagé. Nous ne connaissons personne, seul ce généraliste pro baclofène, et ce psychiatre enfin légèrement sensibilisé par mes réactions, quoique tout aussi péremptoire.
Sommes-nous des parents indignes ? Comment devons-nous nous comporter à l'avenir, notre fils n'étant toujours pas décidé à parler à aucun médecin ? Faut-il aller dans un centre (mais nous irions seuls, mon mari et moi, notre fils le refusant) qui nous délivrerait de précieux conseils ? Notre rôle de parents est-il de lui réapprendre à marcher ? Faut-il laisser notre fils seul et advienne que pourra ? La lecture du livre nous aidera-t-elle à trouver une réponse ? Vaut-il mieux abandonner les consultations chez le psychiatre et privilégier le médecin généraliste pro-baclofène, qu'il n'a pas voulu revoir depuis le mois d'août ? Je ne sais plus…Je ne sais plus…
Je viens d’inciter notre fils à lire au moins quelques passages du forum, lui qui a souvent recours à ces pratiques pour se renseigner sur une chose ou une autre. Refus. J’ai donc imprimé le texte « Pourquoi lire le dernier verre ? » Je vais insister pour qu’il le lise. Y arriverai-je ? Est-ce que ça allumera une flamme ?
J'espère avoir été claire, ce n'est pas facile de résumer 11 mois de galère, dont 7 mois de présence constante. Si vous avez besoin d'autres précisions ou si mes propos ne sont pas assez précis, n'hésitez pas à me l'écrire. Et merci d'avance pour les retours d'expérience des uns et des autres.
Avec mes grands remerciements à tous et à ceux qui font fonctionner le site, avec gentillesse, efficacité et opiniâtreté.
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Messagede bocly » 22 Nov 2011, 22:14

Bonsoir Hbb!

D'abord juste un "petit coup de gueule" devant les non réactions à ton message posté à 17h30! mais je sais qu'elles vont suivre.
Pas d'indifférence c'est sur, mais une sacré gifle sur nos doigts paralysés sur leur clavier.

Histoire difficile et douloureuse de parents face à l'impuissance devant l'autodestruction de leur enfant.
Là je réagis à l'instinct et je suis aussi impuissant pour prodiguer le moindre conseil.

Peux-tu nous en dire plus à partir de la "séparation"?
Sur son passé et sa relation avec l'alcool?
Quel âge a-t-il?
Au vu de votre investissement pour trouver à sa place l'aide et les soins dont il a besoin, comment vous vous gérez cette situation?
A-t-il déjà manifesté un quelconque désir de se sortir de ce "mauvais film"?
Les médecins, généraliste ou psy, ont ils vraiment pris conscience de la dangeurosité de la situation ou juste fait face par compassion à des parents complètement désorientés?

Je ne sais plus trop quoi dire dans l'immédiat qui pourrait vous soutenir.
La lecture du livre, bien sur lui serait bénéfique, mais comme pour toute aide de soins il faut que cela vienne de lui. L'envie de le lire pour lui, l'envie d'y croire!

Ce qui m'amène à reposer la question:
Sa descente aux enfers s'est-elle accentuée à partir de sa séparation?
Autant pour moi, je relis ton témoignage et tu l'a déjà raconté et il a 38 ans. Mais j'essaie de répondre à l'instinct.

Il y a 35 ans, ma vie a été complètement "chamboulée", voire même j'ai pris ensuite d'autres chemins pour lequels je n'étais pas préparé.
Suite à une rupture amoureuse, et très jeune à cette époque la douleur était tellement insupportable que je n'avais de réconfort que dans la "réalité non ordinaire". Toujours paraitre aux yeux de mon environnement social compatissant comme un être blessé et vers qui l'on s'épanchait alors que je fuyais tout ce qui pouvait me rappeller le moindre souvenir douloureux.

J'ai vécu presque 6 mois comme ça, sans jamais redescendre non pas de l'alcool, mais de consommation ininterrompue de haschich (et à l'époque c'était pas du trafiqué).
Personne ne pouvait me raisonner car le retour vers la réalité n'était que la souffrance de cette séparation.
Je ne pouvais rien entendre de tous les conseils que l'on essayait de m'apporter.

Penses-tu que ton fil soit lui aussi dans cette complaisance "morbide" d'alcoolisation pour éviter de se rappeler que sa réalité n'est pour l'instant qu'une souffrance affective?

Bon, peut-être que je me plante sur toute la ligne, mais devant un tel récit j'ose espérer trouver un début de déclic pour que sa renaissance vienne de lui.
Je sens impuissant pour vous apporte le moindre espoir, mais je suis la preuve vivante qu'il y a quelque part malgré cet enfer, un bout de "paradis" pour tous!

Bocly
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Messagede Maman » 23 Nov 2011, 09:09

Bonjour hbb

Smooch m'a alerté pour ton post car je suis très occupée en ce moment et n'ai pas le temps de lire le forum. Je te comprends parfaitement car nous sommes dans la même situation: notre fils de 41 ans boit depuis + de 20 ans, après 3 cures, 4 ou 5 sevrages, essai de bacloen mars 2009 jusqu'à 300mg, on est désespérés car rien ne marche! Il a lu le livre, je lui ai raconté les 2 colloques sur le baclo, je lui ai fait lire tout ce que je pouvais, mais les spécialistes, tous anti-baclo par ici n'ont pas voulu nous recevoir, après nous avoir demandé de le prendre chez nous pourtant...Il l'ont sevré d'alcool brutalement, ce qui a provoqué à chaque fois une crise d'épilepsie et l'injonction d'arrêter le baclo qui n'est en rien responsable!!!Le baclo,il ne le prenait pas régulièrement, c'est pourquoi ça n'a pas marché. Nous sommes dégoûtés par cette attitude.

Mais je voudrais te dire de ne pas te décourager car ton fils a 2 choses que le mien n'a pas: du travail et des enfants. Je pense qu'il finira par comprendre qu'il a une vie, comparé au mien, c'est une grande chance. Dis-toi que nous ne pouvons rien y faire, c'est eux qui doivent se prendre en mains.

Un livre m'a aidée à comprendre qu'il ne faut pas culpabiliser: Vaicre la codépendance de M.Beattie.

Je dois partir. Je pense à toi.

Amicalement
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Messagede Fabulous » 23 Nov 2011, 11:27

Bonjour hbb,

Non, ce n'est certes pas de l'indifférence mais nous nous débattons tous avec des situations pas faciles ou nous sommes occupés à revivre aussi pour les chanceux, et on n'a pas toujours le nez collé à l'écran.

Moi aussi, j'ai été alertée car mon histoire présente des points communs. Tu peux la lire ici http://www.baclofene.fr/topic-1772-1.html ; au moins le début, pour que tu comprennes que j'accompagne un homme anciennement très alcoolisé et que seul le baclofène aurait pu sauver... car je pense qu'il l'est, même si tout n'est pas gagné.

J'ai plein de choses à te dire mais plein de questions aussi.
Tant pis, à l'instinct comme dit bocly :

1- Tu ne dis rien d'une éventuelle disposition ou déséquilibre de ton fils en général. Je ne crois personnellement pas qu'on bascule si une disposition au basculement n'est pas là, une dépendance, si tu veux.
Une femme vous quitte et tout s'écroule, non. Sauf si notre vie se résume à cet amour, et alors, quid de l'amour des enfants, etc... Je vois donc une fragilité qu'il est important de mentionner. L'amour béquille ?

2- Vous avez pris les choses en main énergiquement et quand il fallait mais est-ce une attitude pré-existante ? En gros, avez vous été des parents (trop) présents ? Ceci n'est pas pour te culpabiliser, pas du tout, surtout que je suis comme ça moi-même. C'est une histoire de vases communicants souvent...
Mais alors, on ne peut s'étonner que l'autre vase fasse le strict minimum pour s'en sortir, ce qui est le cas de mon compagnon (jamais allé sur le forum, pas terminé le livre de Ameisen, ....etc...)

Finalement, A s'en sort dans la mesure où il boit très peu et que ses analyses sont redevenues normales, mais IL NE S'EST JAMAIS PRIS EN CHARGE ou presque.
Dernièrement, j'en ai eu assez et je le laisse TOUT gérer : le rythme de ses rendez-vous, l'approvisionnement en baclofène, ce qu'il dit (et surtout ne dit pas) au psychiatre. Et il le fait à peu près.

Je ne dois pas etre bien claire, mais ce que je voudrais te dire, c'est que dans l'urgence, oui, il y a besoin de bons soldats qui décident pour ton fils, qui tentent de lui éviter l'inévitable pour un alcoolique, la perte d'un emploi et de sa famille. Au fur et à mesure, et surtout à la mesure de ses capacités, il faudra qu'il regagne de l'autonomie.

Est-ce possible ? On a coutume de dire qu'il faut avoir tout perdu pour réagir mais je ne le pense pas. Ou alors il est souvent trop tard, ou l'alcoolisme a fait trop de ravages.

Je me souviens avoir un jour demandé à mon ami ; EST CE QUE TU VEUX MOURIR ?
Je me posais vraiment la question. C'était important. Vu son passé, j'aurais compris que s'alcooliser procède d'un désir caché de mourir. Je l'aurais laissé partir.
Il a redressé subitement la tête, l'oeil enfin vif, pour me dire que non, certainement non, ce n'était pas un désir de mourir qui le faisait boire. Je crois qu'il faut poser cette question, et aussi dire bien clairement qu'on ne sera pas toujours là. Qu'on veut bien être pompier, mais pas infirmière à vie.
Et l'assumer...

Je crois que l'amour vous dictera quoi faire si vous respectez votre fils, son droit au choix.

En ce qui concerne les médecins, au risque de faire hurler ceux du forum qui ont la chance d'être bien suivis, ma conviction : ne compter que sur soi. Aucun des nombreux psychiatres qui ont suivi A dans ses soucis n'a été à la hauteur. Soit ils n'ont pas su gagner sa confiance et le faire parler, soit ils ne l'ont pas écouté, soit leur incompétence les a fait se cantonner au stablon-témesta à forte dose et vitam eternam... avec arrêt du baclo bien sûr. Sans le forum, il serait fou ou mort ou en prison alors qu'il a le teint rose et qu'on est heureux.

Il faut avoir la chance de tomber sur un bon thérapeute, et être un bon patient...

Au plaisir de te lire, hbb. Plein de pensées d'encouragement pour vous.
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Messagede hbb » 23 Nov 2011, 13:12

Merci pour vos réponses réconfortantes.
Notre fils a toujours été hypersensible (artiste dans l'âme avec tout ce que cela comporte). Il est fou amoureux de sa femme. Il avait 21 ans lorsqu'il l'a connu. Il faisait des études supérieures à Paris. Il a voulu tout abandonner pour la suivre à l'étranger.
Nous avons, vous l'imaginez, argumenté en long, en large. Mais les parents ont bien peu de prise. Nous devons son retour à la raison à la grand-mère de sa femme qui lui a demandé :"comment allez-vous faire pour vivre ici , alors que vous faîtes des études passionnantes à Paris ? je ne veux pas que ma petite-fille vive avec un minable".
Il a alors décidé de repartir à Paris, a brillamment suivi ses études et s'est fait une place de choix dans son domaine, en travaillant chez lui, en indépendant. Sa chérie est venue le rejoindre. Elle a passé son bac, a trouvé une situation. Ils se sont mariés 7 ans après leur rencontre.
Un premier enfant est né et la déconfiture a commencé, sournoise. Sa femme est devenue plus mère qu'épouse. Et lui, par amour, n'a pas su se faire respecter. Il s'est fait fagociter, insidieusement, sans même que ce soit conscient ni d'un côté, ni de l'autre. Le premier enfant a été très difficile. Autre source de conflit larvé.
À la naissance du second, ils décident, sur la décision de sa femme désireuse d'offrir un jardin à leurs deux enfants, de quitter leur appartement et trouvent une maison, dans un lotissement, loin de la vie citadine qu'ils aimaient. Sa femme s'est très mal acclimatée à cette nouvelle vie. Les problèmes se sont révélés de plus en plus tendus. Sans doute notre fils avait-il déjà eu recours au whisky pour se doper, après la naissance du premier, de temps à autre. Les difficultés dans cette nouvelle maison étant plus grandes et la peur de perdre sa femme en n'étant pas à la hauteur l'ont entraîné à boire de façon régulière, puis de plus en plus. Et plus il buvait, moins il était à la hauteur, moins il faisait pour la vie commune, plus il se morfondait, plus elle en souffrait (son père est en train de mourir de l'abus d'alcool et de tabac) et plus elle le lui faisait payer, par ses attitudes dures et méprisantes. Jusqu'au clash, en septembre 2010, annonce de la séparation prochaine. L'alcoolisation s'est amplifiée durant le dernier trimestre.
Notre rôle dans tout cela ? Nous avons toujours habité dans le Sud Ouest, eux à Paris. Nous étions présents comme des parents attentifs, en nous mettant à leur disposition lorsqu'ils avaient besoin de nous, uniquement sur leur demande. Nous avions une activité professionnelle très chargée. Puis nous avons pris notre retraite, ce qui nous a laissé plus de disponibilité.
Des tensions entre eux et nous, à cause de l'éducation des enfants, qui sentaient le malaise et en profitaient. Et, un beau jour, il y a trois ans, une interdiction de tout contact, venant de notre belle fille et accepté par notre fils, qui n'a jamais su dire non à sa femme. Nous n'étions plus bons à rien. Nous avons respecté et avons disparu (ou presque, à part des échanges par email et les habituelles cartes de voeux d'anniversaire et de fête) de leur vie, avec le coeur meurtri et un sentiment d'injustice terrible.
Nous avons failli en tomber malades.
Et puis la rupture, l'appel de notre belle fille et notre aide.
Nous avons tâtonné, toujours aimé. J'ai tout essayé : tendresse, compréhension, colère, reproches. J'ai eu de bons conseils d'une dame de Alanon, qui m'a expliqué que son mari buvait depuis 40 ans et qu'il avait cessé à partir du moment où elle a réussi à prendre du recul.
J'ai trouvé beaucoup d'aide dans la lecture des effets positifs du baclofène et de la raison scientifique de son fonctionnement. je voudrais pouvoir lui transmettre cette confiance. Lui réapprendre à marcher...
Il a la ferme volonté de s'en sortir. Il a conservé son travail grâce à l'aide des gens qui le font bosser, qui le connaissent depuis longtemps et l'apprécient au point de le comprendre et de leur conserver leur confiance. Sa femme ne le privera des enfants que si, vraiment, elle ne peut pas faire autrement.
Il a essayé à maintes reprises, tout au long de l'année 2011, d'arrêter, avec ce que vous pouvez connaître de la souffrance liée au sevrage sauvage. Il a un fort désir d'indépendance. Dès qu'il va mieux, nous sentons que nous devenons "de trop". Mais, pour le moment, il suffit que le séjour de ses enfants (garde partagée) se termine, ou qu'ils aient un problème à régler, ou qu'il reçoive un coup de fil d'amis communs, et c'est reparti ! Pour oublier... pour moins souffrir...
À mon sens, il culpabilise d'avoir eu recours à l'alcool et d'avoir été l'artisan de la déconfiture. Ce à quoi nous avons souvent répondu qu'elle aussi avait eu des torts, tout aussi grands et qu'ils avaient tous les deux fait d'énormes erreurs. Elle en a convenu, devant lui et devant moi.
Nous allons essayer de reprendre confiance dans le traitement qui nous a donné 15 jours d'espoir (en 11 mois, mais cela prouve que ça peut marcher...) et nous en tenir à vos conseils en faisant fi de ceux des psychiatres, derrière leur bureau, qui critiquent bien facilement les pauvres parents et les déstabilisent. Il y aurait long à dire sur cette prise en charge, qui doit coûter des sommes folles à la sécurité sociale pour un résultat non seulement nul mais qui crée une sorte de dépendance qui coûte à nouveau bien cher.
il nous semble qu'il serait criminel de le lâcher alors qu'il est à deux doigts de s'en sortir, dans la mesure où son traitement a fonctionné. J'ai tout fait, oui, pour sauver son travail et son rapport avec ses enfants. Sans cela, il lui serait plus difficile de remonter la pente, c'est sûr et je plains beaucoup ceux qui n'ont pas ce moteur. Dans ces cas extrêmes, nous les parents, sommes le dernier lient à la vie, que nous leur avons donnée !
Merci de m'avoir redonné espoir et courage à tous ceux qui se battent encore et toujours.
Je vous tiendrai au courant.
Amitiés à tous.
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Messagede Fabulous » 23 Nov 2011, 14:38

C'est super, hbb ; il n'y a pas de raison que ça ne marche pas pour lui puisque vous êtes tous là, y compris sa femme !

On lit entre les lignes comme une désapprobation d'elle mais si c'est le cas, ce qui est votre droit absolu, il faut peut-être y travailler un peu, se dire qu'il est libre d'aimer qui il veut, même si elle ne lui convient pas et que de toute manière, chaque personne a une leçon de vie pour lui (comme pour nous tous).
Les alcooliques ont besoin de se sentir rassurés, en confiance, dans l'harmonie.
A bientôt, j'espère, pour des nouvelles, bonnes ou mauvaises ; on est là pour tout entendre...
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Messagede hbb » 23 Nov 2011, 15:57

Très belle histoire que la vôtre, Fabulous ! Que d'amour... Que de patience...
Certes, si nos "malades" guérissent, nous aurons été une pierre sur le chemin, mais ce sont eux qui auront marché, subi les hospitalisations, subi d'être attachés, piqués, traités comme des vauriens, sans respect, avec mépris, alors qu'ils ne sont que souffrance. Ce sont eux qui auront vaincu. Aucune dépendance affective ou de reconnaissance servile ne doit en découler.
La seule chose à faire n'est-elle pas de leur dire à quel point nous les comprenons ?
Le plus dur est de ne pas céder au découragement, lors des rechutes. Le médecin du forum m'a beaucoup aidée dans ses conseils à ce propos. Ne pas se décourager et toujours espérer. Aucun autre médecin ne nous a tendu une main aussi utile.
Ils vivent dans un autre monde. Notre rôle est de leur tendre la main pour les faire passer à nouveau dans le nôtre.
Gros problème que celui de n'avoir pas de travail ! c'est ce pourquoi je me suis battue, immédiatement. Et notre fils aussi, avec courage et dignité.
N'y a-t-il pas des centres de réadaptation ou des associations d'anciens qui s'occuperaient de ceux qui souffrent encore ?
Les toutes dernières nouvelles semblent meilleures, même si rien n'est gagné. Patience, patience à nous deux.
Avec mes remerciements pour cette belle réponse.
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Messagede hbb » 23 Nov 2011, 16:01

Un tout petit espoir : notre fils est parti faire un tour, pour s'aérer la tête. Il a emporté une revue. Je lui ai apporté l'article "pourquoi lire le Dernier Verre ?" en lui demandant de le lire.
Il vient de nous envoyer un texto :"l'article que tu m'as imprimé résume TOUT. Je vais lire ce bouquin".
Et je pense, en fonction du résultat, en commander un pour notre belle-fille, qui comprendra peut-être mieux son mari... et son père.
Encore mille mercis à tous
hbb
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Messagede bocly » 23 Nov 2011, 21:44

Bonsoir hbb!

pas de commentaires, de tout coeur avec vous et une grosse pensée pour le "fiston"!
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Messagede AGATHE » 24 Nov 2011, 12:55

Bonjour hbb, ton fils va s'en sortir puisque tu dis qu'il est fermement décidé à guérir de l'alcool, donc ce qui compte d'abord et avant tout c'est sa motivation ! mais elle ne suffit pas bien qu'elle soit essentielle, sa seule planche de salut est le baclofène car c'est la seule molécule qui est efficace et qui n'exige pas l'abstinence totale, tout est expliqué dans le livre du professeur Olivier Ameisen, bienfaiteur de l'humanité, il ne faut prendre ce médicament hautement efficace n'importe comment, il faut respecter les posologies, les paliers entre les augmentations, tout cela se trouve sur notre forum....Ton fils a une chance immense d'avoir un médecin prescripteur, il n'a pas besoin d'aller voir forcément un psy...avec l'aide du baclofène il fera un travail sur lui-même...motivation + baclofène = guérison !!! tu verras par toi-même que c'est la vérité. Mon fils s'est sorti d'une alcoolisation grave au bout de 9 mois de traitement...il va de mieux en mieux, garde espoir pour ton fils !
Comme "Maman" je te conseille de lire le livre de Mélody Beatties : vaincre la codépendance, cela m'a beaucoup aidée moi-même, courage, je t'embrasse
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Messagede bocly » 24 Nov 2011, 13:01

Bjr hbb!

Petit à petit l'oiseau fait son nid!
Il va lire le livre D'O.A
Le déclic peut-être à la clé?

Bon courage à vous tous!

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Messagede hbb » 25 Nov 2011, 12:40

Merci, Agathe, merci Bocly.
Vos messages m'encouragent...
Je vais, de ce pas, commander LE livre à l'intention de notre belle-fille, pour qu'elle aussi comprenne. J'en ai presque fini la lecture, avec avidité. Je travaille au corps pour convaincre notre fils de s'y plonger. Ce que femme veut, Dieu le veut. Mais Dieu sait aussi à quel point il faut du temps et de la détermination.
Courage à ceux qui ont commencé et bravo à tous ceux qui s'en sont sortis et à ceux qui les ont accompagnés.
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Messagede Maman » 26 Nov 2011, 22:49

Bonsoir hbb

Ton fils va s'en sortir, c'est sûr, avec tout cet amour autour de lui, vous, ses enfants, sa femme. Quand il aura lu le livre d'O.Ameisen, il s'attaquera à son problème avec une telle détermination qu'il mettra toutes les chances de son côté. La motivation et la patience sont les mots-clés du succès. Il faut que vous y croyiez fermement.

Courage à vous ses parents que je comprends si bien!
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Messagede hbb » 28 Nov 2011, 17:24

Une petite question, à vous qui en avez tant lu...
Notre fils va de mieux en mieux. Nous sommes passé de 10 cachets, puis 11 cachets à 13, un peu vite, pour éviter une partie du valium du sevrage. Les effets secondaires n'ont pas manqué d'apparaître. Nous avons baissé à 120mg depuis hier. En ce moment en 4 prises 9h 13h 17h 21h.
J'ai constaté qu'il fallait qu'il espace les prises de baclofène de 4 heures. Sinon, l'effet cumulé est très important avec somnolence, perte d'équilibre, un peu de dépression, rêves bizarres. Il se peut que tout cela rentre dans l'ordre. Je pense essayer une augmentation très douce, dès que son état se sera stabilisé, d'ici deux ou trois jours.
Le soir, la "crise" de 18h semble moins forte et plus courte. Dans la soirée, la dépression a l'air de céder du terrain. Il a l'air de remplacer la compulsion alcoolique par une consommation "excessive" de... fromage. Il nous a dit en riant que cela valait tout de même mieux. Je confirme.
Avez-vous déjà entendu parler de ce transfert de compulsion?
Peut-on penser, bien que ce ne soit pas bien grave par rapport à la Vodka ou au Whisky, que cela fait partie des effets qui finissent par s'estomper ?
Un grand merci pour tout ce que vous faîtes pour nous tous. C'est d'un énorme secours... Nous vous en sommes immensément reconnaissants.
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Messagede changethescript » 28 Nov 2011, 17:30

Bonjour hbb

Avez-vous déjà entendu parler de ce transfert de compulsion?


Pour ma part, le transfert s'est opéré au profit des tablettes de chocolat ...
Des accès boulimiques en quelque sorte.
Je n'achète plus de chocolat du coup !

Bises
Change
Je ne suis pas médecin.
Les conseils que je vous donne sont de simples indications de répartition des doses prescrites par votre prescripteur.
Privilégiez toujours ses conseils par rapport aux miens.
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