AUBES, 30 Novembre 2010, SFA.

Messagede AUBES » 14 Déc 2010, 14:03

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A propos du communiqué de la Société Française d'Alcoologie (SFA)
du 30/11/2010
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La SFA vient de publier son communiqué sur le baclofène suite à sa rencontre avec des médecins prescripteurs de baclofène dans le cadre de l'alcoolisme, où Bernard Joussaume était présent. Vous le trouverez ici : SFA novembre 2010

Rien de nouveau, entend-on déjà ça et là.
Pas d'accord ! Du nouveau, il y en a : déjà, la SFA ne se positionne plus contre l'usage du baclofène à haute dose et hors AMM dans le traitement de l'alcoolisme. Pouvait-on imaginer cela il y a seulement un an ? Surtout lorsqu'on relit le premier communiqué qu'elle avait fait à ce sujet en octobre 2008 et que vous trouverez là : SFA octobre 2008

La comparaison entre ces deux communiqués (que nous vous demandons de lire attentivement) montre que la position de la SFA a vraiment évolué. Elle admet maintenant la bonne tolérance du baclofène à haute dose. Mieux, elle admet des résultats "spectaculaires" au delà de 270 mg.
Bien sûr, bien sûr, elle ne se "mouille" pas plus, parle toujours de l' "abstinence" comme seule alternative pour le malade alcoolique, (et non pas d' "indifférence" au produit addictif : deux concepts pourtant opposés) et demande encore des essais officiels avant de donner un total feu vert. Essais auxquels elle souhaite toutefois maintenant s'allier comme en témoigne cet extrait d'un autre communiqué datant de Juin 2010 :
[indent]« Elle (la SFA) anime un Groupe de travail sur les traitements d?aide au maintien de l?abstinence au sujet des molécules ne disposant pas d?une autorisation administrative de prescription (baclofène et autres molécules) dans cette indication. Ce groupe réalise :

? un observatoire des prescriptions et des études en cours

? un recueil des effets positifs et négatifs des différents produits,

? une information sur les aspects administratifs des prescriptions de médicaments hors AMM dans cette indication et des aspects éthiques de ces prescriptions,

? et initiera, avant fin 2010, les démarches nécessaires auprès des autorités de santé pour mettre en place des recherches cliniques et pharmacologiques complémentaires et des recommandations sur ces prescriptions. »
[/indent]

Vous trouverez l'intégralité de ce communiqué ici : SFA juin 2010

Il ne tient qu'à nous tous de lui demander de tenir ses promesses...

Enfin et surtout, elle accepte de cautionner la prescription de baclofène à hautes doses et hors AMM, à titre "compassionnel" et pour cela a invité des prescripteurs qui la pratique (comme Renaud de Beaurepaire et Bernard Joussaume) à venir témoigner.

(Rappelons au passage que la prescription du baclofène à hautes doses à titre "compassionnel", c'est exactement ce qu'Olivier Ameisen demandait dans Le dernier verre en attendant que des essais ne valident le traitement. Nous le citons : « Tant que n'auront pas été réalisées des études en double aveugle, je pense qu'il est du devoir de tous les médecins traitant des cas de dépendance de considérer la prescription hors AMM de baclofène à hautes doses comme un traitement compassionnel pour les patients qui ne réagissent pas aux traitements classiques et qui se trouvent donc sous traitement devant une maladie grave et souvent mortelle »)*

Mais, au fait, qu'est-ce-que la prescription d'un médicament à titre "compassionnel" dans le jargon médical :

Un protocole est dit compassionnel, lorsqu?on utilise, en dernier recours, dans une pathologie grave et mortelle, après avoir tout essayé, un médicament qui n?a pas été
expérimenté pour la maladie, avec tous les risques que cela comporte, mais aussi une dernière chance de succès. Le médecin doit informer son patient des risques éventuels que comporte ce traitement.**

Or, la SFA, après avoir dit ceci :

[indent]« La conclusion que l?on peut en tirer est qu?il existe sur le baclofène des données tant scientifiques, publiées dans la littérature internationale, que provenant de l?expérience clinique faisant évoquer un effet positif de cette molécule sur la rechute chez les patients alcoolo-dépendants après sevrage et, de façon plus générale, un effet sur la consommation excessive d?alcool. »
[/indent]
ajoute cela :

[indent]« Sa prescription ne peut, en l?état actuel des connaissances, intervenir qu?après échec des traitements validés et se faire au cas par cas, après avoir bien pesé, pour chaque patient, le rapport bénéfice/risque. »[/indent]

C'est le propre de la prescription à titre compassionnel. La SFA ajoute même une fiche technique pour orienter les médecins qui souhaiteraient le prescrire.
Ce qui veut dire, chers amis, que demain vous pouvez aller voir votre médecin et lui demander de vous prescrire le baclofène à hautes doses, hors AMM et à titre compassionnel donc, puisque dans la majorité des cas, vous avez tout essayé avant, et il ne pourra pas vous le refuser : même la SFA est d'accord...

Rien de nouveau ? Si, juste cela.

Nous conclurons encore par une phrase de Confucius que décidément, nous aimons bien en ce moment :

[indent]« Celui qui déplace les montagnes, c'est celui qui commence à enlever les petites pierres »
[/indent]
AUBES

* Le dernier verre d'Olivier Ameisen, page 277, ed Denoël 2008.
** Article L5121-12 du code de la santé publique.

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SFA décembre 2010


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