Le rôle de l'entourage, on en discute...

Messagede A&B » 24 Oct 2009, 23:42

../..
NE NOUS REMERCIEZ PAS : ENGAGEZ VOUS.
Parlez du traitement autour de vous, de Aubes et de son engagement, du dévouement des malades et de leurs médecins.
Incitez votre prescripteur à s'inscrire sur notre forum médecins : lieu d'échange entre professionnels de santé, sur lequel il pourra obtenir informations et aide de confrères aguerris à la prescription de baclofène.
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Messagede pierre olivier » 27 Oct 2009, 14:11

Bonjour.

Parmi les questions que doit se poser le conjoint, il y en a une beaucoup plus grave. (Attention, on n'est pas dans le politiquement correct ...)

Ne suis-je pas moi même la cause de son alcoolisme ? :pack10: Ay ! ça fait mal ce genre de remise en question. Relativisons tout de même: "Une des causes" ou "la cause d'une guérison chaotique" ... Si votre conjoint devient boudeur, lointain ou dépressif une fois guéri, s'il vous trouve insupportable ... Quelle surprise ! Vous croyiez que l'alcool le rendait colérique ... Et bien non, c'était pas ça... :neutre: Il faut alors accepter une démarche bien plus douloureuse que l'aveu de l'alcoolisme. Accepter l'idée que le couple "tenait" grâce à l'alcool. Et là, le véritable amour pour l'autre se concrétisera dans le fait d'accepter un éloignement ou une grosse remise en question.

Et une autre encore pire dans le réalisme sordide:

Peut être que, finalement , ça m'arrange(geait) bien qu'il soit alcoolique ? celle là fait encore plus mal ! Ça m'arrangeait parce que j'avais une occasion de me plaindre, ça me valorisait, ça me permettait de relativiser mes propres addictions ... Maintenant qu'il n'y a plus l'alcool, Est ce que j'ai des raisons de continuer à l'aimer ?

Désolé d'avoir pourri l'ambiance ! :diab: et même :diab: :diab:

PO
pierre olivier
 

Messagede L'Albatros » 23 Nov 2009, 15:20

Bonjour à tous,

Je voudrais apporter mon témoignage sur l'interaction entre un alcoolique et sont conjoint, en fait pour être plus exact c'est plutôt l'inverse.Je vis de puis 3 années avec une adorable femme qui malheureusement est victime de cette maladie liée à la dépendance à l'alcool. Je dois dire également vous dire qu'elle est profondément en dépression, sans que je puisse dire si c'est la dépression qui l'a plongé dans l'alcoolisme ou l'inverse.
La première des choses c'est vous faire part de mon incompréhension, au début de notre rencontre, devant l'impérieuse envie de boire qu'elle subissait. Forcément, je bois moi aussi de manière occasionnelle, mais j'ai toujours réussi à fixer mes limites, en fonction des circonstances. Alors, j'ai d'abord chercher du coté de la compréhension de la dépression et j'ai lu plusieurs ouvrages qui m'on permit d'appréhender, un peu, ce qu'était une dépression... pas beaucoup de chose d'apprises si ce n'est l'admettre et éviter de mettre sa compagne dans des situations aggravantes...
J'ai ensuite commencé à entretenir des relations avec ses proches et sa famille. J'ai appris par son père, de sa propre bouche, qu'il était lui même alcoolique sévère et qu'il avait, de lui-même, arrêté de boire, et cela fait maintenant plus de 40 ans. Une des première chose qu'il m'a dit c'est qu'il savait que si jamais il retouchait ne serais-ce qu'une fois il savait qu'il replongerait. Cela m'a interpellé et je me suis demandé s'il pouvait y avoir une transmission génétique ? Suite à des recherche sur internet et à des questions à des médecins et alcoologues la réponse est peut-être bien que oui, ou peut être bien que non... j'était bien avancé. Alors j'ai continué à chercher , et le père de ma compagne, qui de son coté s'occupe à titre bénévole de malades alcooliques, m'a fait connaître "le dernier verre" du docteur Ameisen.
Je l'ai lu et la première constatation : L'origine de la dépression et de l'alcoolisme on une cause commune : "Le mal être" des personnes qui en sont victime. Deuxième constatation c'est dans les deux cas une maladie neurologique. J'ai beaucoup reconnu dans le récit d'Olivier Ameisen des points communs avec l'attitude et le comportement de ma toute douce. Cela à complètement changé ma perception du comportement de ma compagne et j'ai pris conscience que je me devais de l'aider. D'abord en l'aidant à sortir de son déni, et pour cela il me fallait lui parler sans acrimonie avec douceur juste en lui exposant calmement les faits. J'ai essayé de limiter un peu sa consommation, et lorsque son "craving" devenais intenable, je cédais mais en achetant moins d'alcool qu'elle ne l'aurai fait elle-même, je me suis donc de fait un peu retrouver comptable de ses irrépressibles besoins. Et ce faisant, en lui parlant, elle a fini par convenir qu'elle était alcoolique et accepter de sortir de son déni. Je ne l'ai jamais culpabilisée, je me suis contenté de lui faire admettre qu'elle avait une maladie au même titre que d'autre ont un diabète, de la sclérose en plaque ou autre cochonnerie de maladie. Grâce à cela elle est sortie de la culpabilisation qu'elle vivait en permanence.
Je lui ai fait lire le livre d'O.A. ; bon c'est vrai, sa première réaction a été c'est super, on peut continué à boire, mais dans le même temps elle a accepté de se faire soigner avec du baclofène ! Et comme je l'ai déjà posté sur ce forum, miracle, nous avons trouvé un médecin de garde qui d'autorité lui a prescris du Baclofène ! Sa prescription posologique est simple 10 mg d'augmentation par semaine avec un début à 30 mg par jour. Elle en est rendue à 90 mg par jour et même si elle n'est pas arrivée à l'indifférence je constate une réduction nette de l'importance de ses cravings.
Je vous apporte mon témoignage, car cela pourra peut être aider certain d'entre vous.
En résumé, pour le conjoint d'un ou d'une malade alcoolique :
  • il est impératif de sortir de l'incompréhension que nous devons tous éprouver !
  • Il faut se renseigner sur ce qu'est la maladie alcoolique, ce forum est une mine d'or[img:title=:merci:]../../../images/smileys/00301.gif[/img], le livre d'O.A. également [img:title=:merci:]../../../images/smileys/00301.gif[/img] aussi.
  • Il faut dialoguer, avec avec la victime de cette maladie sans la culpabiliser et juste arriver à lui faire prendre conscience qu'elle n'est qu'une malade parmi tant d'autre et qu'il n'y a pas de honte à être malade.
  • Et même ci c'est parfois très difficile de voir la personne que l'on aime se détruire, il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, et garder son calme, lui apporter sérénité et apaisement, c'est déjà assez difficile pour elle, ce n'est pas la peine que nous autres conjoint ou conjointe nous en rajoutions.
Merci d'avoir pris le temps de me lire et que vous ne me considèrerez pas comme un [img:title=:pack10:]../../../images/smileys/boulay.gif[/img]

Bon courage et bonne guérison à vous toutes et tous

Amitiés
Jean Jacques
Tous les matins j'ai la chance de débuter la première journée de ce qui me reste à vivre.
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Messagede Marion » 23 Nov 2009, 19:33

Jean Jacques,
Merci pour ton beau témoignage,il parait que les hommes quittent plus souvent une compagne malade
(quelque soit sa maladie) que l'inverse. Tu es la preuve du contraire.
En plus je suis à chaque fois émue en te lisant, tu parles de ta compagne en des termes respectueux et tendres,
ça fait plaisir de voir que l'alcool, la maladie ne sépare pas toujours les gens qui s'aiment...
Bravo à vous deux.
Marion
La fin de la dépendance grâce au baclofène,http://arreter-de-boire.fr/?cat=83
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Messagede L'Albatros » 23 Nov 2009, 22:12

Bonsoir Marion,

Merci de me répondre.
Tu m'a beaucoup ému dans ta réponse, mais je ne suis pas sur que ce soit une question de masculinité ou de féminité, je crois que quand on est attaché par le c?ur à un autre être humain la moindre des choses c'est de faire tout pour l'autre, et cela même si c'est difficile pour elle et aussi pour moi. Il m'en a fallut du temps pour d'abord admettre qu'elle puisse être "à coté de la plaque", puis à essayer de comprendre, puis d'admettre qu'en fin de compte elle n'y était pour rien en terme de culpabilité, puis enfin à mettre tout en ?uvre pour autant que faire se peut la sortir de l'enfer dans lequel elle s'enfermait. Je lui doit tellement à ma toute douce que je crois que je ne pourrais plus jamais me regarder dans une glace si je ne tentais de faire pas le minimum que je puisse faire.
Marion, il est des choses que je ne me sent pas le droit d'exprimer sur un forum public, je veux bien t'en dire un peu plus par MP, envoie moi un message MP si tu le souhaite.

En tous cas merci de ta réponse. Et rien que pour cela je m'autorise ceci : [img:title=:biz:]../../../images/smileys/0009.gif[/img]

Amicalement

Jean Jacques
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Messagede rita » 27 Mar 2010, 20:28

"l'envers d'un être, c'est cet être encore" P Morand<br />on ne peut s'emparer du côté face, accepter les qualités d'un personne et refuser le côté pile, l'abandonner dès que les difficultés surgissent.<br />Le soutenir, l'aider avec coeur, sagesse et humilité est le meilleur que nous puissions si nous-même voulons être humain.
Je partage
rita
 
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Messagede Anne-Françoise » 09 Avr 2010, 11:45

Je suis du même avis que Rita, sauf que pour le pire, mon époux n'en est pas responsable...l'alcool peut être une béquille à des années de maltraitance psychologique, certes une mauvaise béquille.&amp;amp;lt;br /&amp;amp;gt;Grâce au baclofene, grâce au site, grâce au psychiâtre prescripteur, j'espère le retrouver, nos enfants espèrent le retrouver, LIBRE. Libre de l'emprise de...je n'ose pas le dire, tellement c'est dur à révéler, tellement j'en souffre aussi,et libéré de l'alcool, pansement de ces et ses horribles blessures.<br />Merci de continuer à faire connaître le baclofene mais surtout d'aider ceux qui n' ont pas encore trouvé de prescripteur en Belgique
Anne-Françoise
 
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Messagede Anne-Françoise » 09 Avr 2010, 11:47

Lapsus? Je voulais dire le pile au lieu du pire
Anne-Françoise
 
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Messagede Anne-Françoise » 09 Avr 2010, 17:15

Ah bon, je ne fais pourtant que répéter ce que le psychiâtre nous a confirmé... à savoir que l'alcool a permis à mon époux de soigner ses blessures liées aux maltraitances psychologiques et d'arriver à gérer dans un premier temps ses souffrances...peut-être se trompe-t-il ? Chacun a le droit d'avoir son point de vue.&amp;lt;br /&amp;gt;De toutes façons, je crains que chaque cas soit différent, et que rien n'est par ailleurs généralisable...il doit y avoir vraisemblablement un terrain qui favorise...&lt;br /&gt;Je te remercie pour tes encouragements&lt;br /&gt;Bien à toi
Anne-Françoise
 
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Messagede Anne-Françoise » 09 Avr 2010, 20:13

oui tout à fait d'accord...comme pour tout on ne peut généraliser...c'est du cas par cas<br />Bien à toi
Anne-Françoise
 
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Messagede Anne-Françoise » 11 Avr 2010, 18:58

En surfant, je viens de lire le témoignage de guérison de yves...je m'en réjouis de le lire et le relire car il est synonyme d'ESPOIR. Je vous souhaite à tous les 2 de désormais vivre le plus grand des bonheurs à 2 et non plus à 3 ce grand malheur que crée l'alcool dans un couple et dans une famille.
Merci encore d'avoir si joliment témoigné.<br />C'est époustoufflant et encourageant pour tous de constater que le baclofene ait "agi" aussi rapidement.
Anne-Françoise
 
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Messagede Delphine et Eric » 29 Juin 2010, 17:58

Bonjour à tous,

Je viens de m'inscrire sur ce forum, Je m'appelle Delphine, j'ai 39 ans et j'ai une petite fille de presque 9 ans avec Eric. Certains d'entre vous me connaissent et je les embrasse (Bisous Pascal, Bisous Cris).
Mon compagnon, Eric, est alcoolique et fait un gros travail sur lui-même depuis 18 mois pour arrêter de boire. Il a réussi a se faire prescrire du baclo depuis environ 2 mois et se trouve aujourd'hui à 300 mg par jour mais il semble que cela ne soit pas encore suffisant.

Vous vous demandez quel est le rôle des proches dans le traitement de cette maladie. Moi je suis le conjoint (un mot horrible quand on y pense!), je vais dire la compagne. Alors je fais de mon mieux. J'essaye de le soutenir, de faire face avec lui quand les problèmes se font trop voyants (Eric a eu un gros souci au boulot, j'ai vu le DRH pour en parler avec lui mais il est vrai qu'il est aussi MON DRH), j'essaye de ne pas juger, autant que faire ce peut. Enfin, bref tout ce qu'on peut imaginer pour aider la personne avec qui on vit (accessoirement je communique sur le forum, je cherche des infos et des médecins, mais aussi j'envoie en HDT). Je ne sais pas si ça aide Eric, mais je crois que si je n'étais pas là il se laisserait complètement aller. Je pense que l'amour qu'il a pour sa fille et pour moi lui donne la force de lutter et c'est déjà énorme.

Je voulais aussi dire que les choses ne sont pas simples pour le conjoint, qui se sent coupable, inutile. L'alcool change les personnalité, je dis souvent (et je le pense) que je vis avec Dr Jekyll et Mr. Hyde, c'est exactement ça. Alors on prend des gnons (pour moi c'est juste du sens figuré car Eric n'est, Dieu merci!, pas violent) : insultes, culpabilité, reproches, accusations mensongères, tensions, etc. Je peux vous jurer qu'il faut tenir à l'autre pour rester et faire face à ça. J'ai pensé plusieurs fois à me sauver, à sauver ma fille, je voulais prendre un appartement car je n'en pouvais plus. Alors j'ai eu droit à la crise hors norme avec menace de suicide. Enfin, je veux pas me plaindre, c'est pas le sujet, mais je pense qu'un(e) compagnon(e) fragile peut facilement être tenté à se laisser glisser dans l'addiction pour oublier qu'il y a un grave problème (mon addiction à moi c'est la bouffe : 1 kg par mois d'arrêt de travail d'Eric!!). C'est une maladie d'une rare violence... Mais vous savez tout cela, je voulais juste exprimer une pointe d'indulgence pour les proches, ils ne jugent pas tous et beaucoup font de leur mieux pour aider. Et puis les proches sont aussi des êtres humains qui peuvent déraper, mal faire, mal agir ou penser.

Je suis heureuse d'être parmi vous.

Delphine
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Messagede maryse » 29 Juin 2010, 20:00

Bonsoir Delphine,
je voudrais tout d'abord te féliciter d'aider ton compagnon, c'est très bien. Moi, j'ai un mari très intolérant, ma maladie alcoolique est récente (2007) avec 18 mois d'abstinence, rechute sévère en février 2010. Les accompagnants que vous êtes, êtes des personnes à qui je tire mon chapeau. Marion nous avait annoncé ta venue.
Je connais très bien Pascal, quant à Cris je l'ai connu ailleurs mais ce soir nous essayons de nous connecter en "web cam" via MSN ou Skype, le fameux projet de Julien§
Je t'embrasse.
Maryse.
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Messagede Delphine et Eric » 29 Juin 2010, 20:38

Merci pour votre accueil.

Je ne sais pas si j'ai vraiment du mérite à rester et à aider Eric, c'est comme ça, c'est dans ma nature et puis quand on a fait un enfant avec un homme on ne peut plus abandonner aussi facilement. Pour ceux qui partent, je ne les blament pas et je ne pensent pas que ce soit une solution de facilité. Parfois je me dis que la facilité est peut être de rester, parce que c'est tellement difficile de tout foutre en l'air et de partir. Enfin, chacun fait comme il peut avec ses propres ressources.

Je ne sais pas qui est Marion, ou alors c'est une amie de Pascal et c'est comme ça qu'elle a su que j'allais vous rejoindre.

Eric est à 300 mg, il a monté de 30 mg par semaine et n'a pas eu vraiment d'effets secondaires désagréables (bouffées de chaleur, démangeaisons, soif, faim, mais rien de méchant). Il me dit qu'il a encore envie de boire, mais je ne sais pas si il boit encore parce que à la maison il n'y a pas d'alcool et je ne veut pas qu'il boive devant nous (c'est mon côté intolérant mais c'est aussi une question de survie et comme moi je ne bois pas du tout!). Les relations sont meilleures depuis la prise de baclo mais ce n'est pas encore le Nirvana car je ne supporte plus les tics et les changements d'attitude, je suis une femme hyper sensible, je réagis au 1/4 de tour et je ne sais pas cacher mes sentiments. Enfin, je garde espoir. Eric ne travaille plus depuis le 6 janvier 2008, mais il devrait reprendre en septembre, car il faut reprendre et puis on commence à manquer de sous alors... J'aimerai bien qu'il vous explique lui même ce qu'il en est de son expérience mais ce n'est pas un causant, je vais lui en parler et essayer de le faire parler.

Merci à tous.

Bises.

Delphine
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Messagede Delphine et Eric » 30 Juin 2010, 19:45

Je réclame votre indulgence, le message qui va suivre est un vrai caillou dans la mare mais il faut que ça sorte, j'en ai besoin ce soir et peut être que demain ça ira mieux.

Et si l'aide de l'entourage ça pouvait aussi être de partir pour que l'autre prenne véritablement conscience qu'il est le seul à pouvoir se sauver et qu'il faut qu'il mette un sacré coup de collier.

Non parce que, j'avoue que j'en ai marre de cette vie. Quoi que je fasse, je n'entends que des reproches. Et puis, c'est quoi ma vie ? J'ai rien, sauf ma fille. Je fais tout, je fais face, je garde la tête hors de l'eau et au moindre petit problème splash! j'en reprend une grande goulée avant de refaire surface.

Eric s'est vu refuser son permis jeudi. Ok, c'est pas juste, ok le médecin est le roi des cons parce qu'il n'a pas voulu prendre en compte les efforts d'Eric et les bons résultats de la prise de sang (seuls les gama étaient pas top, 121, mais le reste était nickel) mas après, quoi, faut réagir, relever la tête et revenir pour prouver à ce jobastre qu'il s'est royalement trompé. Non, Eric il replonge. Parce que je pense que depuis ce jour il reboit en cachette et quand je lui dit qu'il a sa tête des mauvais jours, il me dit que c'est faux, qu'il ne boit que de l'eau, que le monde entier lui en veut et moi la première, que je suis comme les autres, que je m'en fout, que je peux me tirer, voir mes mecs (si seulement !!!), qu'on va se séparer et que j'aurai enfin ce que je veux depuis le début : me tirer et refaire ma vie avec mon mec (un des nombreux avec lesquels je couche selon ces dires).

Alors, vous allez me répondre qu'il est malade, qu'il n'est pas responsable. Je suis assez d'accord avec ça MAIS et moi là dedans, il est où mon bénéfice à moi. Je me dis qu'on va encore passer des vacances de merde, que je vais côtoyer Mr Hyde au quotidien, que je vais être angoissée à chaque fois qu'il propose d'aller faire une course (mais tout seul, toujours, je ne vais tout de même pas le fliquer). Et moi, j'en peux plus de vivre dans l'angoisse, la peur, la colère, la haine et le dégoût. Parce que fut pas se leurrer, Mr Hyde me passionne pas des masses, il me dégoute, me répugne.
Et dire qu'il est censé reprendre le boulot dans 2 mois, qu'est ce qui va se passer si un chef ou un collègue lui fait une réflexion ? On est repartir de plus belle, mais cette fois le DRH ne sera pas aussi sympa que la dernière fois.

Moi je suis fatiguée de tout ça, j'ai aussi mes faiblesses, je suis pas une sainte, j'ai envie de calme et de confiance, de calins, de tendresse, d'amour. Je ne veux pus revenir à la maison et sentir mon estomac se nouer, je veux plus me venger sur le chocolat, je veux plus me lever la nuit pour le traîner jusqu'au lit, je veux aussi profiter de mes congés et me sentir sereine, je veux plus que ma petite fille souffre.

Alors et si la solution, c'"tait de partir ? de laisser tomber et de le laisser se débrouiller tout seul. Parce qu'il a tendance à se conduire comme un gamin et moi je suis comme une mère, il se repose sur moi à 100%. La pédopsy chez qui j'emmène ma fille m'a mis devant le fait : Adeline a besoin d'un environnement serein pour s'épanouir et elle ne l'a pas; les choses sont entre mes mains. C'est dur de partir lui ai-je dit! C'est pas difficile de vivre cela m'a-t-elle répondu !

Je sais pas, je sais plus! parfois je pense qu'Eric se repose sur ses acquis : je vais rester de toute façon, je n'ai pas assez de forces de caractère pour le quitter. Jusqu'à présent il a eu raison. Je me sens prise en otage. Je ne suis pas heureuse et ma vie ne vaut rien.

Pardon.

Delphine
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