Le rôle de l'entourage, on en discute...

Messagede Barbarians » 13 Aoû 2011, 22:23

Je suis l'épouse de barbarians depuis maintenant 32ans et je l'ai l'ai toujours vu plus ou moins ivre et au début je n'avais rien à redire c'était comme ça mais une dizaine d'année aprés la situation a empiré et

autres événements ont accentués les choses et je peux vous dire que j'ai essayé de préserver nos trois enfants au maximum.
mais je ne l'ai jamais quitté car pour moi j'ai toujours pensé que c'était l'alcool qui était responsable de cette situation
et ce malgré tout ce qui nous a fait vivre.C'est moi qui lui ai parlé du baclofène alors on verra bien je suis en traint de lire ce fameux
livre ,je n'imaginais pas un tel cheminement mais quel réussite au bout du compte.
Alors non vous n êtes pas un "salaud" vous êtes quelqu'un de malade.
Bon courage,
régine
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Messagede cat7393 » 01 Oct 2011, 21:13

oui c'est vrai qu'on culpabilise. moi, j'ai été la compagne d'un homme qui comme on dit pudiquement "a un problème avec l'alcool", un consommateur régulier qui ne cache pas les bouteilles dans la maison mais s'éloigne de tout, pour finir tous ses instants de libre au fond du canapé totalement amorphe pendant que je gère le reste, un garçon de 4 ans. je l'ai pourtant soutenu, tenté le dialogue, tenté de faire ensemble une thérapie de couple (vu que tout seul, il n'irait pas). c'est vrai que l'alcool change les personnalités.

Quand il m'a dit que le problème venait de moi j'ai trouvé que c'était de la pure mauvaise foi, une façon de se décharger sur d'autres, je l'ai très mal pris mais en même temps, je lui dit que si c'était ma personnalité qui le rendait dans cet état, il valait peut-être mieux envisager une séparation. Je ne voyais pas comment changer ma personnalité. ET je ne veux pas en changer surtout. Notre couple a continué tant bien que mal. j'en ai finit pas préférer les soirs où il buvait pas mal (parce qu'il buvait tout les soirs) parce que au moins j'étais tranquille. Il finissait pas devenir très mal embouché, marmonner des phrases contre moi, éteindre autoritairement la télé (sans que je puisse la rallumer, dispute assuré), par me poursuivre dans l'appartement le poing levé.

Quand j'en suis arrivé à dire à une copine que j'étais contente parce que la veille, je n'avais rien répondu et que donc j'avais évité la dispute. Quand j'en suis arrivé à rester au square le plus longtemps possible pour raccourcir nos soirée, quand j'en suis arrivée à être soulagé qu'il parte se coucher très tôt, le discours pateux, sachant que la soirée se passerait tranquillement, je n'ai toujours pas compris à ce moment là qu'il devenait un homme dangereux.

Là j'ai deux dents de cassées, dont une jusqu'à la racine tellement le choc a été violent quand il m' projeté la tête sur le mur. Il m'a étranglé et laisser par terre sous les yeux de notre fils. Il est parti tant mieux. Le rôle des proches? aider mais se protéger aussi. Mon problème c'est que je n'aurais jamais cru qu'il irait jusque là. Qu'il irait aussi jusqu'à bousculer un enfant de trois ans et demi à l'époque. je me sens effectivement coupable de n'avoir pas su me protéger moi-même et mon enfant. j'aurai pu y rester dans cette crise de violence générée par l'alcool et je ne serai finalement maintenant qu'une statistique.

Le pire c'est qu'il dit que j'ai provoqué sa colère. je suis responsable donc de ce qui m'est arrivé. L'homme que j'avais rencontré il y a douze ans n'existe plus à mes yeux. ON en peut aider quelqu'un qui ne veut pas s'aider soi-même.
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Re: Le rôle de l'entourage, on en discute...

Messagede Sandrine » 25 Mar 2012, 12:47

Bonjour, tous, et bon dimanche, dis donc, on file vers l'été, là... :pack24:

Quelquefois sur ce fil, la notion de co-dépendance a été évoquée. je viens la remettre sur le tapis avec précaution, je ne suis pas là pour donner des leçons, l’alcoolisme je n'y ai eu affaire que dans mon boulot de soignante, mais les soignants sont souvent des co-dépendants qui s'ignorent, alors je me sens concernée aussi; en plus d'avoir vu ma sœur se sortir de la co-dépendance, mariée 15 ans à un alcoolique.

Enfin bref, je vais cesser de m'excuser de ne pas être alcoolique, en somme! Pardonnez-moi ce trait d'humour noir. :pack54:
Le fait est que c'est l'alcool qui est la substance addictionnelle chez la majeure partie des intervenants ici; ça pourrait être autre chose, ou cohabiter avec une autre substance... donc, j'ai envie de replacer dans ce post un de ses aspects, c'est-à-dire comme ce qu'il est au début de la dépendance d'un alcoolique: un symptôme, qui induit d'autres dégâts, certes, mais un symptôme quand même.

La co-dépendance donc, je disais... :pack71: quelque chose comme la reconnaissance d'une faille similaire ou complémentaire à la sienne-à-soi, chez l'autre avec qui l'on fait un bout de sa vie. Entendons-nous, hein, nous avons tous des failles. :cri:

Digression: j'ai un double profil professionnel: soignante et documentaliste, les deux diplômes de niveau bachelor. Alors j'aime bien aller gratter sur le net, dans les diverses ressources, les banques de données... surtout pour me mettre les idées au clair, et tenter de retrouver de l’objectivité quand je sens que ce sont mes valeurs personnelles qui sont en train de prendre le pas dans mes relations ou ma perception des situations. :balancoire:

Sans aller plus loin pour le moment: un petit lien vers l'article sur wikipedia -> http://fr.wikipedia.org/wiki/Cod%C3%A9pendance

Quoique, j'ai envie de dire comment moi je me suis extraite de mon besoin que les autres aient besoin de moi (foutue nom de Dieu d'infirmière!), et qui m'a conduite souvent dans des relations avec des personnes dépendantes de substances... y mettant fin rapidement, non sans me demander pourquoi je tombais régulièrement sur des types qui n'en avaient pas l'air (d'avoir ce genre de problèmes). Le dernier, c'était un homme co-dépendant de la situation de ses parents: maintien à domicile du père quasi-légumisé. C'est pour ça que je dis que le partenaire du co-dépendant peut s'appuyer sur d'autres béquilles que l'alcool, et même... aucune substance extérieure. Parce qu'au final, le bien-être apporté par le sentiment de se sacrifier, c'est peut-être un neuro-transmetteur super-puissant, comme une endorphine? Va savoir.

Bon vazy, topo rapide quand même sur ma trajectoire: parents adolescents, mère boulimarexique, père décédé quand j'avais 15 ans et lui 35; mère se révélant de personnalité infantile, se mettant en compétition amoureuse avec ma sœur (le petit copain de celle-ci est devenu le compagnon puis le mari de ma mère, ça a duré 20 ans, mais comme il a passé de l'une à l'autre en quelques jours, imaginez le choc vécu par la petite famille... ); mézigues posée pour ainsi dire sur le paillasson juste après le bac -> c'est ta vie, démerde-toi; je suis devenue infirmière parce que l'on me payait raisonnablement pendant mes études, et puis je devais avoir quand même quelque chose à régler avec la mort de mon père, le besoin de trouver une place dans la société, mais qui avait besoin de moi? Moi j'avais besoin de tout le monde... voilà ma faille.

:mmmmm:

Conflit de rôle très très vite, consciente de quelque chose de pas net mais sans plus, j'aurais pu boire; fumer des pétards, me cocaïner; dans ma famille, c'est les tartines, et puis voilà tout. Il y a aussi des dommages collatéraux, mais physiquement, c'est peu de chose, et socialement, il n'y a pas d'incidence.
Je me baladais avec un pin's de Batman (la chauve-souris noire sur fonds jaune) à la place de ma broche. J'ai fait mes gardes, un nombre incalculable de toilettes, d'injections, de pansements, de pose et surveillance de perfusions, de préparation et distribution de médicaments, tout en sentant grandir ma révolte contre une certaine manière de travailler très en vogue: en mettant les besoins d'autrui au-dessus des siens. C'est en allant travailler aux soins à domicile que j'ai trouvé une charte de travail qui parlait enfin de bosser en respectant l'équilibre entre le client et soi-même dans les principes de soins. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, et ça a été une lutte constante pour approcher et graviter le plus près possible de cet axe.



Ma chance, ça a été de consulter très vite les psys, qui sont devenus mes parents de substitution. J'en ai vu plusieurs, chacun spécialiste d'un pan qui m'intéressait, gros nettoyage et ça dure encore, je vois ces temps-ci une psychologue plutôt coach professionnel, parce que maintenant que je sais ce que je ne veux pas dans ma vie, je commence à concrétiser un paysage professionnel fait de plusieurs choses que je veux vraiment. C'est marrant, parce que la démarche a également eu des incidences sur ma vie amoureuse...

A l'heure actuelle, je me définis comme formatrice d'adultes dans divers domaines, et écrivain public.

Long est le chemin, mais la promenade, magnifique; et il est vital en chemin de se tolérer d'avoir mal aux pieds, des ampoules; de ne pas espérer de sauveteur tout en bossant obstinément à ne pas se mettre soi-même dans des situations de merde... :pack70: on a toute la vie pour se construire, désapprendre des réflexes de défense qui cachent le chemin à faire.

On est des gens bien, mais souvent on nous a appris le contraire: le désapprendre, c'est un premier pas.


Bon, je cause, je cause... je cause aussi sur mon blog, je ne sais pas si ça se fait de poser une adresse comme celle-là ici, mais j'y parle beaucoup, entre autres, de mon boulot de formatrice dans le domaine des soins, donc des trucs qui puent un peu du cul dans le profil des infirmières: ça m'aide à supporter ce qui me dérange, j'en ai encore pour 13 ans avant de prendre ma retraite, faut que je trouve moyen de ne pas péter les plombs devant des trucs qui me font hurler intérieurement, dans le domaine de l'éthique.

Bon, voilà l'adresse, si c'est de trop, les admins, faites-le-moi savoir, je la jarte: http://une.histoire.d.agrumes.over-blog.com/
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Re:

Messagede LaColombe » 25 Mar 2012, 20:11

pierre olivier a écrit:Bonjour.

Parmi les questions que doit se poser le conjoint, il y en a une beaucoup plus grave. (Attention, on n'est pas dans le politiquement correct ...)

Ne suis-je pas moi même la cause de son alcoolisme ? :pack10: Ay ! ça fait mal ce genre de remise en question. Relativisons tout de même: "Une des causes" ou "la cause d'une guérison chaotique" ... Si votre conjoint devient boudeur, lointain ou dépressif une fois guéri, s'il vous trouve insupportable ... Quelle surprise ! Vous croyiez que l'alcool le rendait colérique ... Et bien non, c'était pas ça... :neutre: Il faut alors accepter une démarche bien plus douloureuse que l'aveu de l'alcoolisme. Accepter l'idée que le couple "tenait" grâce à l'alcool. Et là, le véritable amour pour l'autre se concrétisera dans le fait d'accepter un éloignement ou une grosse remise en question.

Et une autre encore pire dans le réalisme sordide:

Peut être que, finalement , ça m'arrange(geait) bien qu'il soit alcoolique ? celle là fait encore plus mal ! Ça m'arrangeait parce que j'avais une occasion de me plaindre, ça me valorisait, ça me permettait de relativiser mes propres addictions ... Maintenant qu'il n'y a plus l'alcool, Est ce que j'ai des raisons de continuer à l'aimer ?

Désolé d'avoir pourri l'ambiance ! :diab: et même :diab: :diab:

PO









C'est une superbe remise en question !!!! :pack64: ok je sors ! lollllllllllll
Ne fuis pas en avant tout au long de ta vie de sorte que tu oublies d'où tu viens et où tu vas.
La vie n'est pas une course, mais un voyage dont il faut savoir goûter chaque étape...

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Re: Le rôle de l'entourage, on en discute...

Messagede untel » 25 Mar 2012, 21:13

Té bonjour,
Merci à tous et à Sandrine. Pour moi tu promettais ; sans le savoir tu tiens tes engagements.
C'est vrai que c'est bien pratique d'avoir un plus ou moins que soi, on peut s'en prévaloir, on peut en user en abuser et prétendre tout faire pour son bien. C'est dégueulasse. Ça s'appelle profiter de la misère du monde. Les maquereaux ne font pas autre chose en droguant leurs recrues pour mieux les tenir à merci. Des soutiens de familles ... parole. Chacun sa manière de raconter, de nommer, j'avais mis ça à l'époque, toujours sur ce sujet : histoire de totos
Je vous embrasse tous, sauf Pierre Olivier il pique. A toi LaColombe une bise de la couleur que tu veux, je n'ai pas eu le temps de tout lire de toi, chaque heure qui passe augmente mon retard. Tu ne t'arrêtes donc jamais ?
Allez bonsoir et douce nuit à tou(te)s.
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Re: Le rôle de l'entourage, on en discute...

Messagede Sandrine » 25 Mar 2012, 22:02

Ah ouais untel, c'est costaud comme tableau, les totos.

Tiens je suis en veine d'interrogations et de remises en question: j'ai peut-être le craving de la tartine? :pack73: content: :mdri:

Tous égaux, yo.
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Re: Le rôle de l'entourage, on en discute...

Messagede LaColombe » 25 Mar 2012, 22:41

Sandrine a écrit:Ah ouais untel, c'est costaud comme tableau, les totos.

Tiens je suis en veine d'interrogations et de remises en question: j'ai peut-être le craving de la tartine? :pack73: content: :mdri:

Tous égaux, yo.



@untel merci pour ta bise ! c'est gentil, nous courrons après le temps, alors qu'il est temps de prendre le temps !

@ Sandrine, ouiiiiiiii c'est la le craving ! de la tartine
super post, j'ai pas tout compris, mais tout lu, mais mes neurotransmetteurs ne devaient pas tous être connectés !
je relirai
Bonne soirée @toi bizzzzzzzzzzzz :pack51:
ps j'ai enregistré ton blog j'irai y jeter un oeil, mais juste un :pack37: :pack54:
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Re:

Messagede LaColombe » 06 Juil 2012, 21:39

Bonsoir

Très judicieux, effectivement ça demande reflexion ! :boulet: lolll






pierre olivier a écrit:Bonjour.

Parmi les questions que doit se poser le conjoint, il y en a une beaucoup plus grave. (Attention, on n'est pas dans le politiquement correct ...)

Ne suis-je pas moi même la cause de son alcoolisme ? :pack10: Ay ! ça fait mal ce genre de remise en question. Relativisons tout de même: "Une des causes" ou "la cause d'une guérison chaotique" ... Si votre conjoint devient boudeur, lointain ou dépressif une fois guéri, s'il vous trouve insupportable ... Quelle surprise ! Vous croyiez que l'alcool le rendait colérique ... Et bien non, c'était pas ça... :neutre: Il faut alors accepter une démarche bien plus douloureuse que l'aveu de l'alcoolisme. Accepter l'idée que le couple "tenait" grâce à l'alcool. Et là, le véritable amour pour l'autre se concrétisera dans le fait d'accepter un éloignement ou une grosse remise en question.

Et une autre encore pire dans le réalisme sordide:

Peut être que, finalement , ça m'arrange(geait) bien qu'il soit alcoolique ? celle là fait encore plus mal ! Ça m'arrangeait parce que j'avais une occasion de me plaindre, ça me valorisait, ça me permettait de relativiser mes propres addictions ... Maintenant qu'il n'y a plus l'alcool, Est ce que j'ai des raisons de continuer à l'aimer ?

Désolé d'avoir pourri l'ambiance ! :diab: et même :diab: :diab:

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