Bonjour hbb,
Non, ce n'est certes pas de l'indifférence mais nous nous débattons tous avec des situations pas faciles ou nous sommes occupés à revivre aussi pour les chanceux, et on n'a pas toujours le nez collé à l'écran.
Moi aussi, j'ai été alertée car mon histoire présente des points communs. Tu peux la lire ici
http://www.baclofene.fr/topic-1772-1.html ; au moins le début, pour que tu comprennes que j'accompagne un homme anciennement très alcoolisé et que seul le baclofène aurait pu sauver... car je pense qu'il l'est, même si tout n'est pas gagné.
J'ai plein de choses à te dire mais plein de questions aussi.
Tant pis, à l'instinct comme dit bocly :
1- Tu ne dis rien d'une éventuelle disposition ou déséquilibre de ton fils en général. Je ne crois personnellement pas qu'on bascule si une disposition au basculement n'est pas là, une dépendance, si tu veux.
Une femme vous quitte et tout s'écroule, non. Sauf si notre vie se résume à cet amour, et alors, quid de l'amour des enfants, etc... Je vois donc une fragilité qu'il est important de mentionner. L'amour béquille ?
2- Vous avez pris les choses en main énergiquement et quand il fallait mais est-ce une attitude pré-existante ? En gros, avez vous été des parents (trop) présents ? Ceci n'est pas pour te culpabiliser, pas du tout, surtout que je suis comme ça moi-même. C'est une histoire de vases communicants souvent...
Mais alors, on ne peut s'étonner que l'autre vase fasse le strict minimum pour s'en sortir, ce qui est le cas de mon compagnon (jamais allé sur le forum, pas terminé le livre de Ameisen, ....etc...)
Finalement, A s'en sort dans la mesure où il boit très peu et que ses analyses sont redevenues normales, mais IL NE S'EST JAMAIS PRIS EN CHARGE ou presque.
Dernièrement, j'en ai eu assez et je le laisse TOUT gérer : le rythme de ses rendez-vous, l'approvisionnement en baclofène, ce qu'il dit (et surtout ne dit pas) au psychiatre. Et il le fait à peu près.
Je ne dois pas etre bien claire, mais ce que je voudrais te dire, c'est que dans l'urgence, oui, il y a besoin de bons soldats qui décident pour ton fils, qui tentent de lui éviter l'inévitable pour un alcoolique, la perte d'un emploi et de sa famille. Au fur et à mesure, et surtout à la mesure de ses capacités, il faudra qu'il regagne de l'autonomie.
Est-ce possible ? On a coutume de dire qu'il faut avoir tout perdu pour réagir mais je ne le pense pas. Ou alors il est souvent trop tard, ou l'alcoolisme a fait trop de ravages.
Je me souviens avoir un jour demandé à mon ami ; EST CE QUE TU VEUX MOURIR ?
Je me posais vraiment la question. C'était important. Vu son passé, j'aurais compris que s'alcooliser procède d'un désir caché de mourir. Je l'aurais laissé partir.
Il a redressé subitement la tête, l'oeil enfin vif, pour me dire que non, certainement non, ce n'était pas un désir de mourir qui le faisait boire. Je crois qu'il faut poser cette question, et aussi dire bien clairement qu'on ne sera pas toujours là. Qu'on veut bien être pompier, mais pas infirmière à vie.
Et l'assumer...
Je crois que l'amour vous dictera quoi faire si vous respectez votre fils, son droit au choix.
En ce qui concerne les médecins, au risque de faire hurler ceux du forum qui ont la chance d'être bien suivis, ma conviction : ne compter que sur soi. Aucun des nombreux psychiatres qui ont suivi A dans ses soucis n'a été à la hauteur. Soit ils n'ont pas su gagner sa confiance et le faire parler, soit ils ne l'ont pas écouté, soit leur incompétence les a fait se cantonner au stablon-témesta à forte dose et vitam eternam... avec arrêt du baclo bien sûr. Sans le forum, il serait fou ou mort ou en prison alors qu'il a le teint rose et qu'on est heureux.
Il faut avoir la chance de tomber sur un bon thérapeute, et être un bon patient...
Au plaisir de te lire, hbb. Plein de pensées d'encouragement pour vous.