Discussion sur l'importance du suivi psychologique

Discussion sur l'importance du suivi psychologique

Messagede pierre olivier » 28 Sep 2009, 20:24

Pourquoi parler de suivi psychologique et de BACLOFENE. . . . . . . . . .par: Sylvie et Marion.

Parce que le BACLOFENE vous aidera à vaincre le Craving, mais il ne peut à lui seul résoudre l'ensemble des problèmes annexes.

En effet, le BACLOFENE agit sur les Gaba-B, vous libérant de la dépendance physique, et même si il semblerait qu'il ait un effet antidépresseur et anxiolytique, un suivi psychologique ne peut que contribuer à améliorer son efficacité, tout d'abord pour permettre une meilleure connaissance de soi, pour repérer aussi les manques et les tensions qui vous ont amenés à avoir une conduite addictive. Seul, le chemin sera plus long…

La maladie alcoolique est complexe. Très souvent ce sont un ou des traumatismes importants, et non encore résolus, qui nous ont poussé à avoir recours à cet ali-cament, pour pallier nos angoisses, nos peurs et nos blessures.

Or, le BACLOFENE va pallier un dysfonctionnement de vos neurotransmetteurs qui est à l'origine de votre dysphorie, et que vous compensez par une recherche d'euphorie grâce à votre ali-cament préféré : alcool, benzodiazépines, psychotropes, drogues dites "dures" ... Mais il se peut que pour certains, qui ont un très lourd passif dans ces prises compensatoires , il y ait aussi un attachement comportemental à cette pratique devenue comme un rituel. Ce rituel là, si il est une habitude prise depuis longtemps va être plus long à "oublier" que le produit lui-même, même sous baclofène.

Autrement dit, même si le baclofène tue la dépendance physique, pour certains il sera peut-être plus difficile de tuer l'habitude, le geste.

Or, il y a tout un possible travail à faire pour cela en psychothérapie : il va falloir apprendre à vivre autrement, sans le repère rassurant de la prise d'euphorisants. Cela peut être perturbant de se retrouver sans manque, mais aussi dans une sorte de vide nouveau : que puis-je bien faire à la place de mon geste vers mon produit ? Par quoi vais-je bien pouvoir le remplacer ?

Des techniques thérapeutiques peuvent aider pour cela, le dialogue aussi peut vous aider à trouver ce qu'il y a en vous comme ressources vitales et que vous ne connaissez pas encore.

Certains d'entre vous ont déjà accompli ce gros travail sur eux mêmes, et il ne leur reste plus que le craving à vaincre.

Mais, pour tous les autres, il est préférable d'envisager un suivi psychologique surtout en cas d'automédication.

N'ayant pas de médecin prescripteur, il vous faut assurément une personne compétente qui puisse écouter vos craintes et vous guider dans les changements que vous allez inévitablement rencontrer.

Vous aurez des sensations nouvelles, parfois agréables, parfois moins et qui parfois seront un peu inquiétantes et l'avis d'un professionnel vous aidera à affronter et à comprendre ces changements.


Si vous rencontrez des problèmes comme :

- Incapacité à gérer ses émotions, être victime de ses émotions.
- Problèmes relationnels.
- Changements d'humeurs soudains, intenses rapides ou fréquents.
- Anxiété.
- Relations de type Amour / Haine.
- Sentiment d'être une " victime ".
- Dépression avérée.
- Accès de colère fréquents ou imprévisibles (extériorisés ou pas).
- Image de soi instable.
- Peur de l'abandon.
- Comportements impulsifs autodestructeurs.
- Attaques de rage.
- Tentatives de suicides ou d'automutilation.

Mais aussi si, plus simplement :

- Vous avez du mal à différencier le craving et l'habitude.
- Vous avez rencontré l'alcool très jeune, et toute votre personnalité s'est construite autour de cet ali-cament
- Vous devez aborder ce cheminement seul(e), ayant perdu avant cette prise de BACLOFENE, votre famille, votre travail, ou plus encore…Ou si, justement votre entourage est envahissant.
- Vous avez du mal à définir votre but final en prenant du BACLOFENE:
Recherche d'abstinence totale ? Ou de retour à une consommation raisonnable, épisodique et conviviale ?

Alors le soutien psychologique a des formes variées pour vous répondre, vous choisirez celle qui vous semble la plus adaptée à votre personnalité.

L'important étant de trouver un thérapeute compétent avec lequel vous serez à l'aise. Nous vous résumons pour vous aider dans votre démarche les différentes approches thérapeutiques :

Les psychothérapies reconnues officiellement :


La psychothérapie analytique:

Elle a une indication plus large que la cure analytique. Elle permet d'apporter une aide focalisée sur certains conflits. Basée sur l'interprétation verbale proposée par le patient, elle vise à l'explicitation des conduites et des affects avec, pour but, la disparition de ces conflits. Le psychothérapeute abandonne sa neutralité pour se substituer à une image parentale bienveillante et structurante. La cure, moins longue qu'en analyse, se termine quand le patient a acquis une meilleure maîtrise de lui-même.

Les thérapies comportementales et cognitives :

l 'un des champs sur lequel elles sont particulièrement adaptées, ce sont les dépendances. Qu'il s'agisse de tabac, d'alcool, de jeu ou même d'addictions sexuelles, cette approche propose de trouver des stratégies concrètes pour mettre fin à ces besoins et autres comportements compulsifs, en complément souvent d'une approche médicamenteuse. Les thérapies comportementales et cognitives sont aussi des alliés indispensables dans de nombreux troubles psychologiques : Anorexie et boulimie, troubles obsessionnels compulsifs, phobies et même hyperactivité ou insomnie, la thérapie comportementale et cognitive permet de compléter un traitement pour non seulement guérir mais aussi éviter les récidives.

La psychanalyse:

A mon avis la moins adaptée dans notre cas, car très longue dans sa mise en place.

Les thérapies brèves:

Toutes ces approches thérapeutiques ont en commun d'être tournées vers le présent et le futur, bien plus que vers le passé, période de la vie où il n'est pas nécessaire de rechercher des causes inconscientes pour solutionner efficacement les obstacles de la vie.

La Thérapie Brève utilise des outils tels que :

* Programmation Neurolinguistique ou PNL (Grinder et Bandler) : recherche de l'excellence dans la communication par les différents canaux de contact : visuel, auditif, kinesthésique.
Ajustement du langage à celui de l'autre,
* Hypnose (M.Erickson) : travail sur les états de conscience modifiés permettant de mobiliser les ressources profondes de l'inconscient,
* Approche « centrée sur la personne » (Carl Rogers) : écoute active, avec reformulation des dires du client. Le thérapeute se veut « non directif », dans une attitude d'acceptation inconditionnelle de l'autre, dans sa différence et sa singularité.

Il existe des thérapies proches de la Thérapie Brève telles que :

* Thérapie Ordalique (J.Haley) : C'est avant tout une thérapie stratégique, ludique, caractérisée par sa finesse des prescriptions de tâches,
* Thérapie Paradoxale dite "provocatrice" (Farrelly),
* Thérapie orientée vers la solution (S. DeShazer, W. O'Hanlon) : Il s'agit de faire naître l'idée que les patients ont toutes les aptitudes et les ressources nécessaires pour résoudre le problème qui les amène en consultation, par la recherche des exceptions,
* Thérapie Brève Stratégique et Thérapie Familiale Systémique (nombreux courants dont G.Bateson) : au lieu de traiter isolément le "patient désigné", on traite l'individu ou la famille dans son ensemble comme un "système" global de communications et d'habitudes,
* Thérapie Comportementale (Pavlov, Skinner) dite encore "cognitivo-comportementale" : Mise à jour progressif des mécanismes de défense et modifications des croyances.
Exercices à pratiquer seul, entre les séances.

Les groupes de paroles:

A condition de trouver un groupe qui ne rejette pas en bloc le BACLOFENE .
Il est impossible de parler de baclofène chez les AA et à VIE LIBRE .
Ce sera peut-être possible un jour dans un centre d'alcoologie car les groupes de parole bénéficient d'un encadrement professionnel …Mais il faudra attendre.

Bref, le BACLOFENE vous aidera a vaincre le craving, à soulager votre tension intérieure et votre anxiété, mais de la même façon que nous vous encourageons à trouver un médecin prescripteur, nous vous encourageons à vous faire aider par des psychologues "humanistes" et compétents.



Voici un témoignage important qui confirme bien la grande importance d'un suivi psychologique. Témoignage de MPOMI extrait du forum e-santé avec autorisation de l'auteur.

concerne ma fille âgée de 50 ans .
Alcoolique depuis 7 ans suite à plusieurs chocs psychologiques qui l'ont plongée dans la dépression , l'anxiété puis l'alcool . Après 10 cures et de nombreux sevrages tant à domicile qu'à l'hôpital , les alcooliques anonymes , rien n'y a fait .
En novembre 2008 , après lecture du livre du Dr Ameissen , nous sommes tournés vers le baclofène, avec l'aide de notre médecin traitant . Deux essais n'ont pas été concluants . Après une dernière cure en avril 2009 , nous avons obtenu un RDV avec le Dr à Vitry , 2ème quinzaine de Juin . Cette fois , ma fille convaincue par le Dr , s'est appropriée le traitement et y a cru . Très vite , sa dépression et ses angoisses ont disparu . Pendant deux semaines ,elle redevint active , heureuse de vivre , mais la 3ème semaine , elle devint plus agressive , et la 4ème semaine , nous fûmes obligés de la faire hospitaliser en hôpital psychiatrique .
Le psychiatre qui la prit en main, détecta ,qu'elle était bipolaire , et en phase maniaque . Le traitement au risperdal qui lui fut administré , apporta assez rapidement un mieux .Son traitement au baclofène fut poursuivi à l'hôpital. Elle obtint une permission pour lui permettre de se rendre à son 2ème RDV avec le Dr à Vitry avec une lettre explicative du psychiatre de l'hôpital qui la soignait . Le Dr de Vitry constata que sur le plan alcool , le succès avec le baclofène était là ! et poursuit le traitement , à raison de 3 prises de 4 comprimés par jour .
Elle est sortie de l'hôpital depuis 10 jours , son traitement est poursuivi sous forme d'une injection toutes les deux semaines de "risperdal consta" et toujours les 120 mg de baclofène par jour . L'hôpital n'a pas hésité à prescrire sur l'ordonnance de sortie , les quantités de baclofène nécessaire.
Le Dr de Vitry et le psychiatre de l'hôpital ont émis la même hypothèse que l'action bénéfique du baclofène ,en effaçant la dépression , avait peut-être entrainé une euphorie , génératrice de la phase maniaque du bipolaire, jusque là masquée par l'alcool . Ma fille fut donc peut-être , à tort soignée pour dépression et anxiété, pendant des années .
Ma fille va reprendre sa psychothérapie , interrompue par l'hospitalisation et sera suivie toutes les deux semaines par un C M P de notre ville pour l'injection et contrôle .



Des contributions sur le thème du suivi psychologique sont attendues ici
pierre olivier
 

Messagede mye68 » 24 Mai 2010, 21:29

J'ai lu beaucoup de livres sur la connaissance de soi, ce que j'en ai retenu c'est que tout ceux qui sont accros à certaines addictions sont généralement des gens plus sensibles. C'est vrai pour moi et ma petite soeur, pour mon Père aussi, le reste de la famille est surtout accro à l'argent,pas d'acool, mais froids, sauf ma mère qui n'a pas encore, à 87 ans, réalisé qu'elle est accro aux médicaments, elle en prends une vingtaine par jour, et à l'attention, qu'elle paye pour avoir! J'ai réalisé que c'est son amour qui m'a toujours manqué.Les manifestations d'amour surtout, les bisous, les calins. 4e enfant, dont la 3e à "9 mois" d'intervalle, le 2e et premier garçon était gravement malade. Le médecin, il y a 62 ans, à dit à ma Mère qu'il allait mourir. De peine et de rage, elle a dit que celui qu'elle attendait, moi, pouvait mourir aussi! J'ai sans doute vécu là mon premier choc, une amie, astrologue, m'a dit que j'ai sans doute été rejetée avant ma naissance! J'ai questionné ma Mère , qui m'a raconté l'épisode avec mon frère, qui a survécu, qui vit toujours, mais qui a demandé des soins constants, il a commencé à s'asseoir à 2 ans. Durant tout ce temps, elle m'a avoué que je suis souvent tombée de la table "à langer", qui était une simple table à l'époque. Donc pas mal négligée. Mais à 4 ans, j'ai eu un accident, renversée à la sortie de l'école par une voiture. Hospitalisée, quelques jours de coma, quand j'ai pu rentrer, ma Mère était tellement occupée à me regarder, à m'habiller, qu'elle ne s'est pas aperçue qu'elle bloquait le passage de la personne qui tentait d'aller servir les repas aux autres malades. D'autres épisodes m'ont finalement fait comprendre que ma Mère m'aimait, à sa façon, la seule qu'elle connaisse. Issue d'une famille de 12 enfants, à cette époque la contraception n'existait pas, le seul moyen d'avoir plus d'attention de la part de sa Mère, était d'être malade. Ce qu'elle a été toute sa vie. Elle a donc aussi souffert d'un manque d'amour. J'ai bien compris tout ça, et malgré son rejet actuel, je l'aime toujours, et je comprends. Mais ça n'explique pas pourquoi, ma petite soeur, la petite dernière, qui a eu "tout", est alcoolique. Elle a perdu son plus jeune Fils dans un accident, en 2008. Son addiction a augmentée. Elle est suivi par un psy, mais ne sait toujours pas pourquoi un verre en entraîne un autre. Elle cherche désespérément un soulagement à une douleur...que rien ne pourra soulager. Je rajoute que je me rappelle, à 62 ans, de l'accident que j'ai eu à 4 ans. Je revoie toujours la même image, je vois les gens qui me regardent, mais je les vois au-dessus d'eux.Je sais aujourd'hui que j'ai du faire une "sortie de corps", ce qui me conforte, entre autres, que la vie continue après la vie.
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Messagede croquelavie » 25 Mai 2010, 00:07

Chère Mye,

On a tous nos questionnements existentiels, on a tous notre passé. On ne réagit pas tous de la même façon. Tu cites l'exemple de ton médecin, c'est dur de faire plus lourd. Moi, je pense comme toi. On nait hypersensibles et ce qui fait la vie (les mots, les gestes, les émotions), chez les gens normaux "ça glisse" et sur nous "ça s'imprègne" puisqu'on est de vrais éponges. Je ne sais pas si je suis très clair, mais bon. Tout ça pour te dire que tu peux toujours te torturer l'esprit, ça ne changera rien. Même si un jour, tu trouves les réponses à toutes tes questions.

Attention!!! Je ne dis pas d'arrêter le psy. Je dis juste que le baclofène va te permettre de t'apaiser. Une fois apaisée, il sera beaucoup plus facile pour toi de remettre de l'ordre dans ta vie passée et actuelle.

J'espère avoir pu t'aider un petit peu.
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Messagede mye68 » 25 Mai 2010, 08:33

si, c'est très clair. J'aime bien l'éponge. C'est si vrai.J'ai trop tendance à ressentir les douleurs d'autrui, et quand ça me touche de près, comme ma petite soeur, là j'ai carrément perdu les pédales. C'est tellement injuste, et pour la première fois, je n'ai pas pu l'aider. Je ne suis pas suivie par un psy. J'en ai vu 2, dans ma jeunesse, ça m'a pas aidé du tout. J'applique le "aide-toi, le ciel t'aidera", et m'en sors plutôt bien. Je comprends, même ceux qui sont rassurés avec de l'argent, ce que je ne comprends pas, c'est qu'on puisse écraser les autres pour ça. Je sais que je quitterai ce monde, comme tout le monde, avec encore des questions, mais la conscience en paix. Mon grand problème, c'est l'alcool, dont personne n'a souffert autour de moi, puisque je vis seule. La aussi, vu mes "déboires", avec les médecins, je ressens une grande injustice. Le baclo me fait du bien, déjà je dors mieux, n'ai plus de crampes, et avec ma dose actuelle, 40 mg, je bois "normalement". J'ai essayé 60, juste pour voir, et ai eu du mal à respirer, au réveil. Alors, retour à 40, et remontée en douceur. J'ai réalisé et découvert ce qui m'a manqué toute ma vie, au décès de mon époux, un homme bon, alcoolique aussi et très sensible. J'ai perdu mon seul soutien, et quand je regarde en arrière, je m'aperçois que tous les "soutiens" que j'ai eu, ont disparus l'un après l'autre. Reste à faire disparaître le dernier, l'alcool, et là, encore, sans soutien...
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Messagede croquelavie » 25 Mai 2010, 10:08

Bonjour Mye,

Tu ne seras pas sans soutien, tu auras le baclo. Pour l'instant, c'est pas évident d'y croire mais tu comprendras au fur et à mesure que tu vas augmenter les doses. Quant tu auras fini te t'occuper de toi (commence par ça), tu pourras peut-être sensibiliser ta soeur au baclofene pour l'aider. Mais soigne toi d'abord pour pouvoir lui prouver que l'alcool et le mal-être ne sont plus une fatalité.

Quant aux cons, laisse-les dire et penser ce qu'ils veulent. Quand on passe son temps à casser les autres, ça veut dire qu'on n'est pas non plus très bien dans ses baskets.
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Messagede pierre olivier » 02 Aoû 2011, 21:49

De Dimavi : J'ai besoin de parler du travail psychologique qui me semble être souvent indispensable à l'"arrêt" de l'alcool et dont on parle peu sur le site.

L'alcool comme je l'ai dit a toujours fait parti de mon quotidien (antécédents familiaux), moi de suis devenue abstinente il y 11 ans sans hospitalisation, suivi par une psychologue alcoologue, et sous AD+BZD, et avec beaucoup de volonté (un combat de toutes les minutes)et une grosse psychothérapie.

J'avais toujours utilisé l'alcool comme un médicament (le meilleur d'ailleurs sur le marché) pour pallier mon émotivité, un mon mal être profond et constant et des crises de panique dans le travail. Dés que je me sentais "mal", une envie irrépressible de boire faisait jour, j'allais vite acheter ce qu'il me fallait (une bouteille de bière "fraiche" surtout ou un peu plus), j'écumais toute les stations services ou petites épiceries car ce sont les seules qui ont de la bière fraiche (je n'avais jamais d'alcool en stock chez moi par prévention). Et là avec l'alcool pendant le temps limité de son action tout se calmait, j'étais apaisée.

J'ai eu la chance de faire un gros travail psychologique bien mené sur mon passé traumatique, j'ai noirci des cahiers entiers et craché tout ce qui pesait sur mes épaules depuis mon enfance (parents totalement défaillants)et me faisait souffrir : ça m'a beaucoup aidée. Ce passé si traumatique ne me faisait plus autant souffrir : "J'avais posé une partie de mes valises" (comme mon message le suggère) car je crois que le travail psychologique est très important : on ne boit pas pour rien même s'il y a une forte composante génétique : " sois sage ô ma douleur et tiens toi plus tranquille"

Bien sur, j'ai eu des rechutes alcooliques mais brèves et en les stoppant seule mais surtout en fin 2008 quand je suis retrouver sans travail, j'ai remplacé l'alcool par une addiction aux BDZ et somnifères et j'avais des compulsions non plus à l'alcool mais aux médicaments : ils m'offraient la même fuite, le même soulagement que les prises d'alcool (mais sans l'euphorie) sans les effets secondaires des cuites. Donc hospitalisation pour sevrage médicamenteux. OK sevrée (c'est aussi dur à maintenir une fois sortie) mais un mal être était toujours là (moi qui croyais avoir tout lâcher)comment faire pour m'en débarrasser.

En 2010, j'ai fait une TS aux cachets et donc re-hospitalisation et là j'ai fait une psychothérapie nouvelle, américaine, assez étrange (EFT); et là tout mon passé est devenu passé sans plus de prises sur le présent et sans plus trainer de souffrance intérieure.

Depuis je n'ai plus besoin d'alcool ni de BZD car les angoisses et mes souffrance n'existent plus par contre je suis toujours sous AD + Abilify.

Tout ça pour dire que je crois que l'arrêt de l’alcool sous baclofène devrait s'accompagner dans de nombreux cas par un travail psychologique car après avoir arrêter de boire la gestion des émotions, les souffrances du passé, le vide que l'arrêt de l'alcool crée ( et oui qu'est-ce qu'on va faire de tout ce temps libre ?) doit être gérer.

C'est pour sa que je crois que l'arrêt de l'alcoolisme sous baclofène doit être bien sur accompagné d'une forte motivation mais aussi d'un travail psychologique : c'est bien sur ce que j'ai préconisé à mon compagnon actuellement sous baclo.

Bonne journée à tous,

Dimavi.


Un petit "UP" sur ce sujet
pierre olivier
 

Alcoolisme et douance

Messagede Sandrine » 01 Avr 2012, 09:52

Bonjour bonjour les gens, comment ça va ce dimanche matin?


Ca m'a bien intéressée , ce fil sur l'importance du suivi psychologique. Quelqu’un parle de l’hypersensibilité, et ici et là sur le forum, j'ai trouvé des messages qui évoquaient cette problématique; alors j'ai pensé aux personnalités anciennement appelées surdouées, qu'on appelle maintenant "personnalités à haut potentiel", ou plus familièrement entre elles, "zèbres". L'hypersensibilité est un des marqueurs de ces personnes, mais pas seulement
( http://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_poten ... nce_.C2.BB )

Et de même, ici et là sur le forum, j'ai trouvé des messages qui évoquaient cette particularité, la douance, parfois très encombrante. Ameisen est visiblement HP(haut potentiel), en plus.

J'en côtoie quelques uns dans ma famille, et j'ai cherché à comprendre leurs difficultés, qui les rendent parfois insupportables à eux-mêmes - et aux autres, accessoirement. Je me suis alors aperçue en causant sur des forums que les conduites addictives étaient un recours parfois crucial pour encaisser leur sentiment d'étrangeté sur pas mal de plans.

Voilà...


... et accessoirement, un tout beau dimanche: que vos poissons d'avril soient drôles pour tout le monde et ne se moquent de personne.

:pack24: :pack24: :pack24:
http://une.histoire.d.agrumes.over-blog.com/

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Re: Discussion sur l'importance du suivi psychologique

Messagede paris110110 » 31 Jan 2013, 10:31

Bonjour,
Merci Sandrine, je remonte ton lien car c'est vraiment interessant et je suis également persuadé que l'hypersensibilité peut etre un facteur déclenchant de l'addiction
( http://fr.wikipedia.org/wiki/Haut_poten ... nce_.C2.BB )
Merci
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Re: Discussion sur l'importance du suivi psychologique

Messagede Sandrine » 31 Jan 2013, 19:13

Au plaisir d'en recauser avec toi!
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Pour Sandrine

Messagede paris110110 » 05 Fév 2013, 21:49

Salut Sandrine,
Ayant fait une montee express et un coming out (alcool) en tres peu de temps, j'ai des retours de sentiments tres forts sur certains de mes motifs d'addiction.
Un est très clair pour moi, car je le redecouvre depuis mon arret de l'alcool: Mon hypersensibilité.
J'ai notamment la capacité de 'sentir' les gens et notamment leur etat emotionnel et cela me fait tres mal. Je les sens pour la majorité inquiets, tristes et sans espoirs. Je suis une eponge et cela m'affecte profondemment.

Pour completer, voici quelques lignes d'une chanson qui prolongent la problèmatique:

Chercher la solution au fond de quelques verres
C'est que j'avais peur, que les autres me voient
Comme je vois les autres, j'avais si peur de moi

Et puis je sais

Biz
Merci
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Re: Pour Sandrine

Messagede Sandrine » 05 Fév 2013, 22:31

paris110110 a écrit:Salut Sandrine,
Ayant fait une montee express et un coming out (alcool) en tres peu de temps, j'ai des retours de sentiments tres forts sur certains de mes motifs d'addiction.
Un est très clair pour moi, car je le redecouvre depuis mon arret de l'alcool: Mon hypersensibilité.
J'ai notamment la capacité de 'sentir' les gens et notamment leur etat emotionnel et cela me fait tres mal. Je les sens pour la majorité inquiets, tristes et sans espoirs. Je suis une eponge et cela m'affecte profondemment.

Pour completer, voici quelques lignes d'une chanson qui prolongent la problèmatique:

Chercher la solution au fond de quelques verres
C'est que j'avais peur, que les autres me voient
Comme je vois les autres, j'avais si peur de moi

Et puis je sais

Biz



Mmmhh. Peur d'être démasqué? Le HP se trimballe souvent un beau paquet de sentiment d'imposture.

Faut huiler les éponges pour qu'elles cessent d'absorber l'eau.

Compassion, quand tu nous tiens...
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Re: Discussion sur l'importance du suivi psychologique

Messagede Akuaviva » 09 Mai 2015, 08:16

Bonjour à toutes, tous !

Avant de vous poser ma question, une brève (?) et j'espère claire (???) introduction/présentation :

Depuis l'adolescence j'ai essayé tous les produits qui modifiaient l'état de conscience, en Français qui défoncent.
Premier pétard à 14 ans, premières cuites puis trichloréthylène.
Le haschich est resté pendant 6 ans mon compagnon de tous les jours. Car je suis monomaniaque un seul produit à la fois mais à fond.

Plus tard, héroïnomane. Plus tard le Subutex. La cocaïne, le LSD, les extasys, le MDMA, la kétamine, les amphétamines... Les histoires d'amour toxiques provoquant dépendance également.
Et depuis 2000 consommation régulière d'alcool et dernièrement devenue incontrôlable.

En fait je suis accro au manque. Ce manque est viscéral, je suis née avec et j'essaye de l'anéantir en choisissant moi-même les produits qui vont me donner l'impression de maîtriser (au moins au début). Les 2 produits qui échappent rapidement à tout contrôle étant l'héroïne et l'alcool.


Bref, rapide retour sur mon parcours psy (car oui, je me soigne !) :

Pschothérapeute : 2 rendez-vous par semaine pendant 4 ans : je découvre que mon Papa n'est pas mon père (c'est peut être ça le manque viscéral ?)
Psychiatre : 1 rendez-vous par semaine pendant 4 ans : rien à signaler
Psychiatre : 1 rendez-vous par semaine pendant 13 ans : dans la première année, j'ai une sorte de déclic dont je ne me souviens plus exactement mais je rencontre dans la semaine qui suit mon compagnon actuel qui m'aime telle que je suis. Je ne suis plus un faire-valoir ou un souffre-douleur.
Puis, plus rien... de la discussion de salon ni plus, ni moins. Il s'est endormi et m'a endormie.

Donc ça fait quand même un total de 21 ans de suivi thérapeutique !!! Le problème c'est que ça reste purement cérébral et intellectuel. Il n'y a pas ou peu de changement notoire dans ma vie quotidienne.

J'ai lu dans la rubrique "importance du suivi psychologique" que les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) sont particulièrement adaptées au traitement des dépendances. Et donc, j'en viens à ma question (ouf !!!) : avez-vous tenté ce genre d'approche ou d'autres et qu'en avez-vous retiré ?

Merci pour vos réponses.

Akuaviva
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Re: Discussion sur l'importance du suivi psychologique

Messagede Loba » 04 Juin 2015, 08:20

Je suis moi aussi persuadée que l'hypersensibilité liée à la " zébritude" jointe à des chocs psychologiques répétés et de la maltraitance sont à l'origine de mon alcoolisme.
Je renonce pour le moment à me faire suivre car je ne pense pas être tombée sur les bonnes personnes. J'ai fait trois tentatives, d'un an chacune, sans succès. Mais comme je me remets un peu à croire en un avenir meilleur, j'espère que la vie mettra sur mon chemin un thérapeute qui pourra m'aider.
Quant au fait d'être une éponge affective, je n'ai toujours pas trouvé la solution pour gérer cet envahissement.
Loba
 
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