Indifférence, abstinence

Indifférence, abstinence

Messagede changethescript » 30 Nov 2013, 20:43

L'indifférence est une étrange sensation.

D'autant plus étrange qu'on ne sent rien de particulier. Quand ça arrive enfin, il ne se passe rien. On s'en rend compte après coup en se disant: "Tiens, j'ai rebouché la bouteille et je l'ai rangée. Comme tout le monde." Ou, "Tiens, mon verre est quasi plein à la fin du repas." Ou encore "J'ai fais les courses et j'ai oublié de passer par le rayon alcool."

L'indifférence, c'est qu'on est devenu normal face à l'alcool.

Nous avons tous ou presque été humiliés dans les cures diverses ou par des médecins répressifs, ou par l'entourage.
On nous rabâchait: "Vous êtes CONDAMNES à souffrir pour rester abstinents, vous devrez faire sans cesse appel à votre VOLONTÉ. Vous serez à VIE un alcoolique! "
Quand on a été condamné au purgatoire où la torture quotidienne qui s'appelle "abstinence" on finit par ne pas aimer le mot "abstinence".

Donc, voici quelques définitions simplistes et cruelles.

Un abstinent est un malade qui doit gérer sa maladie pour vivre avec.
Un indifférent n'a plus rien à gérer.

Un abstinent ne peut plus boire une goutte d'alcool.
Un indifférent peut boire un coup de temps en temps.

Un abstinent est obligé de dire "je ne bois plus, je suis abstinent."
Un indifférent peut ne rien dire du tout.

J'ai lu plusieurs fois, de la part d'abstinents, que le baclofène était "le traitement de ceux qui cherchent à tout prix un moyen pour continuer à boire". C'est vrai que ça peut paraître paradoxal. Sauf que, une fois que le médicament est devenu efficace, on n'en éprouve tout simplement plus l'envie.


Être "indifférent", c'est exactement pareil que si l'on était "normal" ... Comme quelqu'un qui n'a jamais été alcoolodépendant. Quelqu'un de "normal" peut boire ou ne pas boire par simple décision. Il est libre de boire ou pas. Il peut donc décider d'être sobre.

Le baclofène semble agir de plusieurs façons.

(1) A petite dose, il permet de MOINS souffrir pour être abstinent.

(2) A partir de la dose "seuil" (cette fameuse dose variable suivant les individus) il permet de toucher l'indifférence. Cet état où l'on se fout totalement de l'alcool, on est "déconnecté" de l'alcool, le "craving" a disparu. On peut se dire alors: Je suis indifférent, je peux donc décider de ne plus boire, jamais plus, ou juste un peu (c'est selon...)

Souvent la dose seuil est difficile à atteindre, on reste alors dans l’état (1) où le baclofène aide à une consommation contrôlée et à tenir le coup. Certaines personnes s'en contentent et s'estiment libérées de leur alcoolisme. En aucun cas, on ne doit considérer que l'indifférence est obligatoire !

La personne qui commence le traitement en continuant à boire passera d'abord par la phase (1) puis atteindra la phase (2) et s'arrêtera "naturellement" de boire.

La personne qui est déjà abstinente en commençant le traitement verra son effort allégé dans un premier temps phase (1) puis en atteignant l'indifférence (2) restera abstinente mais abstinente-sans-y-penser. Ce qui fait qu'elle ne sera plus abstinente, puisque toute notion de privation, mortification, aura disparu.

On peut même avoir atteint l'indifférence sans s'en être aperçu du coup.

Autre avantage du baclofène: Si l'on devait prendre certains médicaments pour supporter l'abstinence, (toute la panoplie des médicaments prescrits "traditionnellement" ) ... on n'en a plus besoin une fois indifférent. Enfin, il ne faut pas arrêter le baclofène quand même ... mais rappelons nous qu'il est beaucoup moins dangereux que les benzodiazépines et autres pilules abrutissantes.

Gérer l'indifférence: Il est bon de rappeler que l'indifférence s'entretient une fois acquise. On pourrait dire qu'un indifférent peut décider de ne plus boire, de boire modérément, et ... peut devenir alcoolique de nouveau ! :pack15:

Encore une fois, attention aux embuches:

- On diminue le baclofène trop vite.
- On l'arrête complétement en continuant à boire.
- On est indifférent OUI MAIS on n'a pas fait le travail psychologique sur les causes de son alcoolisme.

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